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Maroc: 16 mai, cinq ans après


Libération (Casablanca)
 

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Libération (Casablanca)

16 Mai 2008
Publié sur le web le 16 Mai 2008

Larbi Bouhamida

Cinq ans après, le vendredi 16 Mai restera gravé à jamais dans la mémoire des victimes des attentats- suicide perpétrés par des terroristes à Casablanca, des veuves, des enfants et des Marocains en général. Cinq ans après, le souvenir des victimes reste toujours présent dans les esprits et les coeurs de tous les citoyens marocains connus pour leur ouverture et leur tolérance,

Malheureusement, ces tristes événements qui ont fait 45 morts dont des Européens, 12 terroristes et 33 civils, et une centaine de blessés ne seront pas les derniers. Puisque plusieurs quartiers de la Métropole ont connu une série d'attentats tels Sid Moumen, Hay El Farah et Moulay Youssef. Depuis les attentats du 16 Mai, il ne se passe pas un jour sans que le nombre des détenus pour appartenance à la nébuleuse terroriste ne soit revu à la hausse. Les procès et les lourdes peines prononcées à l'encontre des islamistes vont à la même cadence.

Alors que dans certains milieux l'on cesse de qualifier le Maroc d'Etat policier, sur le terrain et vu la prolifération des groupes islamistes et de leurs sympathisants, il s'avère que tous les services de la DGSN n'arrivent pas à encadrer la population sur le plan sécuritaire.

Pendant longtemps, on a voulu faire comprendre aux gens qu'il fallait combattre les opposants de gauche et réduire leur champ d'action, par le recours aux prédicateurs de la haine. Cela a commencé dans les campus universitaires avant de regagner les rues, les établissements publics et les entreprises privées. Et personne ne s'en doutait que cette vague destructrice s'installait doucement mais sûrement dans le fin fond de la société.

Plusieurs assassinats ont été commis avant cette date fatidique. Le 26 octobre 1998, Abdelaziz Fikri, a été assassiné à Youssoufia. Les PV de la police indiquaient que le criminel n'était autre que le neveu de la victime, Youssef, dont le nom revenait dans d'autres actes criminels, liés aux bandes armées islamistes. Le 4 mars 1999, une autre personne, Omar Ferrak, est assassinée à son tour à Safi. Casablanca n'a pas échappé à son tour avant le 16 mai à cette logique meurtrière. Plusieurs personnes furent assassinées dont Said Roussine, un agent de police, tué le 28 décembre 2000 et Abdelaziz Assdi, assassiné le 10 septembre 2001. Entre-temps, la vague des revenants de l'Afghanistan se renforce.

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Le 21 février 2003, la Chambre criminelle de la Cour d'appel de Casablanca condamne trois Saoudiens à dix de prison ferme, suspectés de préparer des opérations terroristes au large de Gibraltar. D'ailleurs, rares auraient été ceux qui plaidaient pour la condamnation de ces accusés ou qui prêtaient oreille aux sommations sécuritaies. A cette époque, la surenchère battait son plein.

Mais, après les attentats du 16 Mai, ceux qui critiquaient l'inflation sécuritaire de l'Etat commencèrent à parler d'une carence à ce niveau. Le 25 du même mois, une manifestation est organisée à Casablanca dénonçant tout acte terroriste. Quatre jours plus tard, du palais Royal de Casablanca, le Souverain s'est montré ferme et déclare dans un discours que « l'heure de la vérité a sonné, annonçant la fin de l'ère du laxisme face à ceux qui exploitent la démocratie pour porter atteinte à l'autorité de l'Etat et de ceux dont les idées qu'ils répandent représentent un terreau pour semer les épines de l'ostracisme, du fanatisme et de la discorde».

Deux mois plus tard, un juif est assassiné toujours dans la Métropole. La machine terroriste a continué par la suite à faire des victimes, tout en prenant des dimensions sans précédent.



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