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Afrique: "La volonté politique" est nécessaire pour résoudre la crise alimentaire


Inter Press Service (Johannesburg)
 

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Inter Press Service (Johannesburg)

16 Mai 2008
Publié sur le web le 16 Mai 2008

Kwamboka Oyaro
Nairobi

La nécessité de faire figurer l'agriculture en tête d'affiche sur les listes "des choses à faire" par le gouvernement a été soulignée lors d'un briefing téléphonique pour discuter de la crise alimentaire actuelle, puisqu'elle affecte l'Afrique.

Trois scientifiques de haut niveau des instituts de recherche agricole se sont adressés aux journalistes la semaine dernière sur les causes de la montée en flèche des prix des produits alimentaires.

Cette conférence de presse a également abordé les stratégies que les Africains pourraient adopter pour augmenter les rendements futurs, atténuer les effets de la crise, et s'en sortir au cas où le prix des produits de base comme le riz et le maïs continuerait de monter.

"A court terme, nous avons besoin de la fertilité des sols", a déclaré Dennis Garrity, directeur général du Centre mondial de l'agroforesterie, qui a son siège à Nairobi, la capitale kényane.

"Les agriculteurs d'Afrique ont terriblement besoin de nutriments de toutes sortes pour régénérer leurs sols épuisés. Le continent est le plus petit utilisateur de substances nutritives, puisque les agriculteurs utilisent moins de 10 pour cent de l'engrais requis par culture".

Avec la montée en flèche des prix de l'engrais du fait de la hausse des coûts du pétrole, les gouvernements auraient dû intervenir pour améliorer la qualité des sols : "Les prix de l'engrais ont triplé ou même quadruplé... Les gouvernements doivent envisager d'accroître immédiatement les subventions à l'engrais. En outre, les agriculteurs doivent accéder aux marchés. Ceci les encouragera à augmenter leur production", a affirmé Garrity.

Les agriculteurs du continent doivent également être formés sur la manière de restaurer les substances nutritives du sol de façon non coûteuse, telle que planter des légumineuses sur les champs. Des nodules sur les racines de ces plantes contiennent des bactéries qui peuvent prendre l'azote de l'atmosphère et le fixer dans des composés qui profitent ensuite à la fois à ces légumineuses et d'autres plantes.

L'azote, essentiel pour toute forme de vie, est présent en grandes quantités dans l'air; toutefois, la majorité des organismes sont incapables d'utiliser cet élément puisqu'il apparaît dans l'atmosphère.

Il y a des signes que le Kenya peut être en train de faire des progrès concernant les questions soulignées par Garrity.

La semaine dernière, le président Mwai Kibaki a lancé un contrat de prêt d'environ 48 millions de dollars pour les agriculteurs des pays d'Afrique de l'est, en collaboration avec le Fonds international pour le développement agricole, 'Equity Bank' -- une entreprise locale -- et l'Alliance pour une révolution verte en Afrique. Cette alliance est un groupe financé par des donateurs et basé à Nairobi.

De faibles rendements au Kenya ont été attribués, en partie, au manque de fonds pour acheter des produits agricoles nécessaires. Cette année, la production alimentaire a souffert davantage des conséquences d'une faible pluviométrie et des violences déclenchées par les élections présidentielles contestées du 27 décembre.

La nécessité d'avoir de meilleures semences a été également soulevée au cours du télé-briefing. Marianne Banziger, directrice du 'Global Maize Program' au Centre international d'amélioration du maïs et du blé (CIMMYT), a dit qu'en Afrique, seuls 35 pour cent des agriculteurs ont accès aux meilleurs types de semences de maïs -- ceci malgré des études montrant que de meilleures semences peuvent assurer de bonnes moissons, et aider à éviter des pénuries alimentaires.

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Le CIMMYT a son bureau principal à Mexico; toutefois, Banziger est basée à Nairobi.

Papa Abdoulaye Seck, directeur général de 'Africa Rice Center', a indiqué que des stratégies pour améliorer l'agriculture -- utilisation accrue d'engrais et de meilleures semences, de même que d'autres interventions -- ne pouvaient pas être adoptées isolément les unes des autres. La sécurité alimentaire ne saurait être réalisée qu'avec une approche holistique de l'agriculture, a-t-il dit. Le centre est basé temporairement à Cotonou, au Bénin.

Le Malawi illustre ce qui peut être réalisé avec une telle approche.

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