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Sénégal: Procès Hissene Habre


Sud Quotidien (Dakar)
 

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Sud Quotidien (Dakar)

17 Mai 2008
Publié sur le web le 17 Mai 2008

Ibrahima Diallo

L'Etat face à ses responsabilités

« Ce n'est pas l'argent qui manque, mais la volonté politique réelle du Sénégal d'organiser le procès du président Hissène Habré » c'est en substance ce qu'on peut retenir d'un communiqué conjoint d'organisations de défense des droits de l'homme daté d'hier vendredi 16 mai.

Selon la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme (Raddho), la Fédération internationale des droits de l'homme (Fidh), la Ligue tchadienne des droits de l'homme (Ltdh) et des Associations de victimes tchadiens, co-signataires de ce texte, le « Sénégal a l'obligation absolue de juger ou d'extrader l'ancien président tchadien Hissène Habré pour les faits de torture dont il est accusé ». Le Comité des nations unies contre la torture avait demandé à notre pays de juger ou d'extrader Hissène Habré depuis mai 2006.

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Cependant, deux ans après cette injonction onusienne aucune action judiciaire n'a encore été engagée contre l'ancien président tchadien jusqu'à ce jour par notre pays. Et par ce refus, le Sénégal « a violé par deux fois la Convention onusienne contre la torture » ajoute le document. La première violation est le refus de juger Habré suite à la plainte déposée par les victimes en 2000. La seconde est le refus des autorités de l'extrader en Belgique à la demande de la justice de ce dernier pays. Suffisant pour que les signataires demandent à notre pays de « se conformer à ses engagements internationaux en poursuivant l'une ou l'autre voie ».

Ces organisations attirent l'attention sur le fait qu'au moment où le Sénégal est en train d'amender la Constitution pour clarifier la compétence de ses tribunaux de juger des fait de génocide, de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre perpétrés par le passé, Me Madické Niang, ex-coordonnateur des avocats de H. Habré est parallèlement nommé ministre de la Justice, une fonction clé pour l'organisation du procès.

Pour rappel, en 2007, le Sénégal avait déclaré devant le Comité des Nations Unies contre la torture qu'il était prêt à juger l'ancien président tchadien. Mais, qu'il avait besoin d'une aide internationale. Un appel attendu par la Commission européenne, la France, la Suisse, la Belgique, les Pays-Bas qui ont accepté d'aider au financement du procès. Une commission de l'Union européenne envoyée au Sénégal pour évaluer les besoins avait demandé à notre pays de définir une stratégie de poursuite, de travail sur la base d'un calendrier précis. Un coordonnateur et administrateur financier pour le procès devraient être nommé.



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