LUDI CARDOSO
19 Mai 2008
Kinshasa — Abdelhamid el Ouali, juriste international et professeur de droit à la faculté de Casablanca a, selon MAP, affirmé le jeudi 15 mai 2008 à Paris que l'initiative marocaine d'autonomie au Sahara repose sur une « conception très avancée de la démocratie territoriale ». Il pense que l'affaire du Sahara a des conséquences sur tout le Maghreb et toute la Méditerranée, ainsi que sur le projet de l'Union pour la Méditerranée.
Plusieurs voix ne cessent de s'élever à travers le monde pour privilégier l'initiative du Royaume chérifien sur l'autonomie au Sahara. La dernière en date est celle de M. Abdelhamid el Ouali, juriste international et professeur de droit à la faculté de Casablanca. M. Abdelhamid a, selon MAP, affirmé le jeudi 15 mai 2008 à Paris que l'initiative marocaine d'autonomie au Sahara repose sur une « conception très avancée de la démocratie territoriale ».
Cette nouvelle donne constitue une « lueur d'espoir » pour résoudre la crise envenimant les relations algéro-marocaines et relancer la construction maghrébine, a souligné l'éminent homme de sciences, lors de la présentation de son livre « Autonomie au Sahara, prélude du Maghreb des régions » au Centre de la presse étrangère par l'Observatoire français des études géopolitiques. La solution de l'autodétermination-indépendance étant obsolète, M. Ouali a estimé qu'un nouveau paradigme vient de voir le jour.
Le juriste a, par ailleurs, révélé que l'autonomie territoriale est intimment liée à la démocratie. Raison pour laquelle, il a noté que le projet d'autonomie est actuellement au-delà de la confirmation de la souveraineté du Maroc sur son territoire, marque la fin de l'ère du paradigme autodétermination égale indépendance et le passage au droit des peuples à incarner la souveraineté nationale et à s'autogouverner eux-mêmes.
CONSEQUENCES SUR LE MAGHREB
« C'est impossible d'appliquer la solution de l'autodétermination-indépendance. Son échec était programmé dès le départ. C'est dans la nature des choses parce que cette solution ne peut s'appliquer à une question territoriale où un Etat revendique la restitution d'une partie de son territoire national », a-t-il prévenu.
Le professeur de droit pense que l'affaire du Sahara a des conséquences sur tout le Maghreb et toute la Méditerranée, ainsi que sur le projet de l'Union pour la Méditerranée.
C'est dans ce contexte qu'il a fait part de son inquiétude de voir le Maghreb « entrer dans une zone de turbulence ethniques après avoir été à l'abri de ce phénomène qui frappe le tiers-monde mais qui commence aussi à toucher l'Europe et certaines démocraties occidentales ».En dépit du conflit saharien, Abdelhamid el Ouali est très optimiste. « Nous sommes devant un scénario de désintégration, mais il y a une lueur d'espoir avec une nouvelle donne qu'est la proposition marocaine », a-t-il déclaré.
Pour construire le Maghreb, le juriste invite les dirigeants de cette région à privilégier la paix et la coopération. « Nous sommes dans un monde où il faut coopérer, dépasser ces conflits. Je ne vois pas de raison d'être de ce conflit. Le monde a changé. Au Maroc, nous l'avons compris », a-t-il dit, ajoutant que ce problème est une « aberration qui ne mène à rien de positif ni pour les Algériens ni pour les pays du Maghreb ».
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