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Maroc: L'ONEP consacre plus de 32 milliards de DH d'investissements


Libération (Casablanca)
 

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Libération (Casablanca)

17 Mai 2008
Publié sur le web le 19 Mai 2008

Editorial

Poursuivant son plan de développement, l'ONEP réussit à mobiliser les fonds nécessaires et prévoit pas moins de 32 milliards de DH d'investissement. Entre autres objectifs affichés, faire aboutir le fameux PAGER et permettre à 92% de la population rurale d'avoir accès à l'eau potable à l'horizon 2009. Ce taux était de 70% à fin 2005. L'Office a prévu, à cet effet, d'investir près de 6 milliards de DH, sur quatre années (2006-2009). En dépit de l'intervention du privé, via des contrats de concession (cas de la Lydec à Casablanca et Amendis à Rabat), l'ONEP demeure le premier producteur et le premier distributeur d'eau potable, avec 751 millions de m3, couvrant les besoins de 96% de la population urbaine, et 1 million de clients abonnés, représentant 421 villes et centres. Et pour assurer «la pérennisation et la sécurisation des infrastructures d'approvisionnement du milieu urbain en eau potable», l'office a consacré un budget de l'ordre de 7,6 milliards de DH.

En matière d'assainissement liquide et de protection des ressources en eau, l'ONEP devait aligner la bagatelle de 15 milliards de DH, au titre de son plan de développement à l'horizon 2015, devant toucher l'ensemble des communes où il assure la distribution d'eau potable. «Les projets de l'Office dans ce domaine intègrent systématiquement les trois composantes nécessaires à tout projet viable et durable, à savoir : la collecte, le transport et surtout l'épuration des eaux usées avant leur restitution vers le milieu naturel». Le montant des investissements prévus sur la période 2006-2009 se chiffre à plus de 4 milliards de DH.

Il faut dire que les opportunités d'investissement pour les infrastructures de l'eau au Maroc sont nombreuses et même fructueuses à plus long terme. Le Maroc en a autant besoin -sinon plus que le pétrole-. L'eau, grand thème de notre époque, devrait être considérée comme l'or bleu du Maroc. Probablement on n'y pense pas beaucoup. A l'exception du monde rural où l'eau vaut son pesant d'or, le commun des citadins ne réalise pas que « personne ne peut réellement produire de l'eau comme on extrait de l'or ». Rappelons-nous, le Moyen Atlas, considéré jusqu'au milieu des années 70, comme «château d'eau du Maroc», voit ses sources et ses lacs se tarir. Faute de pluviométrie généreuse, les ressources en eau se réduisent au fil des ans. C'est le cas particulièrement du Souss-Massa qui semble atteindre des limites de l'insoutenable, en raison de l'agriculture intensive, grande consommatrice d'eau.

C'est vrai, on n'y a pas pensé un peu plus tôt. Nos légumes et nos fruits, exportés, nous reviennent, en fait, beaucoup plus cher. Idem pour l'eau utilisée dans les hôtels et dans les foyers (Agadir, par exemple, demeure toujours la station balnéaire de choix et la première destination touristique du Maroc, consomme énormément d'eau). Vouloir maîtriser la demande serait un pari difficile à gagner, étant donné les objectifs de développement du plan Azur ou celui dit Emergence, sans oublier la construction de nouveaux pôles urbains. Sauf si l'on commence à raisonner autrement et vouloir faire comme d'autres pays, à l'instar de Singapour, appelée «la Silicon Valley de l'eau» grâce à l'avance prise en matière de technologies utilisées pour la purification et le transport de l'eau. Il est vrai que les campagnes menées pour l'économie d'eau donnent bonne conscience. Mais lorsqu'on commence à creuser au plus profond pour tirer l'eau, on s'aperçoit qu'une bonne partie de la nourriture qu'on absorbe et des produits qu'on utilise au quotidien ne pouvaient être possibles sans cette matière devenue de plus en plus rare qu'est l'eau. Sans eau, «beaucoup d'activités économiques s'assècheraient... rapidement».

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Pour l'heure, au Maroc, c'est encore l'ONEP qui assure l'essentiel en termes de production et de distribution d'eau. Le restera-t-il pour longtemps ? Peu probable. Des investisseurs privés s'intéressent de plus près à ce filon, considéré comme l'or bleu et l'investissement prometteur des prochaines années. Ils sont de plus en plus nombreux à mettre la main sur les rares sources que recèle le pays. Et dire que les prix vont augmenter, il n'y a qu'un pas qui risque d'être facilement franchi, au cas où les autorités publiques cèdent aux sirènes de la privatisation.



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