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Congo-Kinshasa: Bas les masques
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Le Potentiel (Kinshasa)
éDITORIAL
20 Mai 2008
Publié sur le web le 20 Mai 2008
Kinshasa
Les masques sont tombés hier lundi au Palais du peuple où l'Assemblée nationale a pris connaissance de l'ampleur du désastre causé par tous ceux qui, à divers niveaux de responsabilité, ont spolié les biens publics.
Des immeubles de l'Etat aux terrains appartenant à des établissements scolaires, tout y est passé. Rien n'a échappé à la boulimie des prétendants à l'enrichissement spontané et sans cause. Pourtant, la loi n°73-21 du 20 juillet 1973 dispose que « les biens du domaine public sont hors commerce, inaliénables et imprescriptibles ». S'agissant des écoles publiques qui font partie du domaine immobilier de l'Etat affectées à la dispensation du savoir, elle précise qu'« elles ne sont ni cessibles ni susceptibles de location tant qu'elles ne sont pas régulièrement désaffectées ».
Ce à quoi la Constitution (art. 67) ajoute que « tout Congolais a le devoir de protéger la propriété, les biens et intérêts publics et de respecter la propriété d'autrui ». En soulignant l'« obligation » des pouvoirs publics de « protéger la jeunesse contre toute atteinte à son éducation » (art. 42). Les députés nationaux ne pouvaient donc que s'offusquer à l'énoncé de l'identité des auteurs présumés, parmi lesquels des ministres et des parlementaires.
En 1992, la Conférence nationale souveraine avait établi une liste exhaustive des « biens mal acquis » sous la IIème République. Des sanctions, cinq années plus tard jusqu'à la chute du régime Mobutu, il n'y en eut point. S'étant convertis en fervents chantres du kabilisme dont certains en sont même devenus des acteurs majeurs après le 17 mai 1997, bon nombre de bradeurs et de spoliateurs d'hier ont réussi la gageure de figurer sur la liste des « nouveaux barons » du pouvoir issu des urnes.
Qu'en dire ? La première leçon est que l'absence de sanctions « après 1992 » et le laxisme, qui a suivi le discours présidentiel annonçant en décembre 2006 des « portes largement ouvertes » des prisons, ont encouragé « Excellences » et « Honorables » à mal faire.
Une preuve parmi tant d'autres. La veille du passage annoncé des bulldozers pour raser les luxueuses résidences construites sur le site appartenant à l'Hôtel de ville et l'Ifascic, une « instruction venue d'en haut » a fait suspendre l'opération de démolition. Cette dernière, prise en Conseil de ministres, avait connu un début d'exécution à Bandalungwa et sur le site ex-Tembe na Tembe.
Le deuxième enseignement porte sur la volonté politique et la capacité du gouvernement de traduire en actes ses propres décisions. Pour des raisons inavouées, l'Exécutif a souvent eu du mal à agir, à parler d'une seule et même voix.
De son côté, l'Assemblée nationale se contente de jérémiades, se plaignant à voix audible de la non prise en compte par le gouvernement des recommandations et des résolutions qu'elle lui adresse. Sans plus.
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Entre-temps, le patrimoine de l'Etat continue à être bradé en toute impunité. Les portes des prisons ne semblant être ouvertes que pour le menu fretin.
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