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Congo-Kinshasa: Cours des métaux de base - le marché mondial sous la botte du Katanga


Le Potentiel (Kinshasa)
 

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Le Potentiel (Kinshasa)

20 Mai 2008
Publié sur le web le 20 Mai 2008

Faustin Kuediasala
Kinshasa

Les métaux plus précieux que jamais. Tous les spécialistes s'accordent à reconnaître que la République démocratique du Congo est en train de récupérer sa place sur le marché mondial des métaux de base.

Les prix du cuivre, du platine, du plomb, et du zinc battent de nouveaux records historiques tandis que l'aluminium a atteint depuis quelque temps son plus haut niveau depuis 17 ans. Inutile de chercher trop loin les causes de cette euphorie sur le marché des métaux de base tel que le cuivre et le cobalt. C'est au Katanga que sont régulés les cours de ces deux métaux, plus particulièrement le cuivre. Il suffit que l'on tousse au Katanga pour que les cours du cuivre ou du cobalt en ressentent le coup. La dernière décision du gouverneur du Katanga interdisant l'exportation du brut du cobalt en est une belle illustration.

Après la déconfiture de la Gecamines, une dizaine d'années après, la République démocratique du Congo a aujourd'hui une très belle occasion de prendre sa revanche sur le marché mondial des métaux de base, particulièrement le cuivre et le cobalt. Rien que pour ces deux métaux, la RDC pèse pour le cuivre 10% des réserves mondiales non encore exploitées, et pour le cobalt près de 36% des réserves mondiales prouvées. Ce qui fait de la RDC un pays stratégique que les courtiers en bourse n'excluent pas dans leur calcul.

Sur ce point, les illustrations ne manquent pas pour prouver réellement la grande place de la RDC sur le marché mondial des métaux sur lequel à côté du cuivre et du cobalt s'ajoutent le zinc, l'étain, le nickel, etc.

Premièrement, lorsqu'en 2007 le gouvernement de la RDC annonce le lancement du processus de révisitation d'une catégorie des contrats et conventions signées par des entreprises publiques et d'économie mixte dans le secteur minier, à Toronto, Londres et New York où sont cotées la plupart des entreprises, la panique est générale. Certaines multinationales minières voient leurs actions péricliter. La cause, c'est le revirement de Kinshasa dans ses relations avec les entreprises à qui il a confié l'exploitation des gisements miniers du Katanga, de la province Orientale, du Grand Kivu puis du grand Kasaï.

DES EXEMPLES ELOQUENTS

L'on se souviendra aussi de l'annonce faite en début de cette année par le vice-ministre des Mines depuis la conférence minière d'Indaba sur la position du gouvernement concernant les recommandations contenues dans le rapport final de la commission de révisitation des contrats miniers. Pour cette circonstance, certaines entreprises ont vu à Londres comme à Toronto leurs actions chuter brutalement à la suite de cette déclaration du vice-ministre Victor Kasongo Shomary.

Mais, c'est tout récemment seulement que l'on a pu mesurer la grandeur de la RDC sur le marché mondial des métaux de base. Mercredi dernier, Moise Katumbi annonce depuis Lubumbashi, chef-lieu de la province cuprifère du Katanga, l'interdiction d'exportation du cobalt à l'état brut. A Lubumbashi, comme à Kinshasa, la décision du gouverneur suscite des commentaires en sens divers. Mais, c'est surtout, à l'extérieur du pays que la décision de Moise Katumbi soulève des vagues et non de moindres. Quand un pays qui pèse pour 36% de la production mondiale de cobalt tousse, les bourses de valeur où se négocient ce minerai ne peuvent pas rester indifférentes. Mais, réellement elles l'ont été à la suite de la décision.

EVITER DE TOURNER EN ROND

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Si en RDC, la décision semble générer inutilement une guerre d'influence entre Kinshasa et Lubumbashi, elle a eu le mérite de révéler non seulement les vrais enjeux qui se jouent sur les mines congolaises mais surtout le rôle que devra désormais jouer la RDC sur le marché mondial du cuivre et du cobalt.

Car, si en Russie, qui représente près de 30% des réserves mondiales du cobalt, le minerai se retrouve à l'état naturel en association avec le nickel, en RDC, le cobalt est exploité dans des gisements où il est associé au cuivre. D'où, des interférences que l'on observe généralement sur ces deux marchés. Ainsi, une décision prise en RDC sur le cuivre a de fortes chances de se répercuter sur le cobalt, et vice-versa. Et, ce qui se passe depuis la semaine dernière sur le marché mondial du cuivre et du cobalt. L'ébullition est totale. Car, les bourses ne savent pas prédire le dénouement de la décision du gouverneur du Katanga.

Mais, alors que le reste du monde observe la RDC, dans le pays, l'on assiste à une bataille de clan sur la portée réelle de la décision prise depuis Lubumbashi. On est encore au stade de qui a compétence à prendre une telle décision ? Entre-temps, on laisse de côté - peut-être qu'on les ignore - les vrais enjeux qu'il y a autour de cette question, isolée pour Kinshasa, mais lourdes de conséquences sur le marché mondial des métaux de base où le cobalt à côté du cuivre continue à piloter la saga des cours.

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