Boubacar Tamba
20 Mai 2008
Les élèves se fâchent, marchent et cassent
La tension était à son paroxysme toute la matinée de ce lundi à Tambacounda. Les enseignants ont boycotté les épreuves physiques du Cfee, ce qui mit les élèves dans tous leurs états. Ils se sont livrés à une véritable vendetta, perturbant de longues heures durant la circulation et cassant des établissements secondaires.
Aucun coup de sifflet n'a retenti ce lundi à Tambacounda, donnant le coup de gong pour le démarrage des épreuves physiques du Cfee tenues cette année par anticipation par les autorités académiques. A Tambacounda, le président du jury et son adjoint ne se sont même pas présentés, encore moins les enseignants. Ils sont encore visiblement remontés contre les pouvoirs publics. S'étant en conséquence préparés pour étaler tout leur savoir faire en la matière, les élèves ont eu la désagréable surprise de ne pas subir ces épreuves, faute d'examinateurs. Suffisant pour qu'ils prennent la rue pour la énième fois, avec des scènes de violence ayant surpris plus d'un Tambacoundois.
Du stade régional, les potaches se sont rendus au palais du gouverneur, à la place de la mairie, puis au niveau des principales artères de la ville où ils ont érigé des barricades à l'aide de grosses pierres dont on se demande comment ils ont pu les soulever, de troncs d'arbres et de vieux pneus, perturbant de longues heures durant la circulation surtout au niveau des avenues Léopold Sédar Senghor et Demba Diop.
Sous les coups de 12 heures, les élèves piqués par l'on ne sait quelle mouche ont pris la direction des lycées et collèges pour les déloger. Le collège Moriba Diakité, l'école de formation des instituteurs, le lycée Mame Cheikh Mbaye et d'autres collèges de la commune, ils sont passés partout.
Au lycée Mame Cheikh Mbaye, comme des fourmis, ils sont apparus de tout bord, cassant pas mal de vitres pour contraindre leurs aînés à sortir. Face à ces actes insolites pour réclamer des cours, les forces de l'ordre n'ont opéré que pour dissuader les enfants. Il n'y a pas eu un seul coup de grenade lacrymogène qui aurait pu engendrer une situation de préjudice physique pour les élèves.
L'inspecteur d'Académie dira reprogrammer ces épreuves en prenant toutes les dispositions nécessaires et éviter un remake de cette situation aux conséquences incommensurables, pour qui connaît la vulnérabilité des enfants.
Mr Gana Sène et tous les membres de son équipe se proposeront de prendre langue avec les associations de parents d'élèves pour davantage de séances de sensibilisation devant leur permettre de ne point mêler les enfants à cette lutte de l'intersyndicale contre les pouvoirs publics.
Dans les départements de Kédougou et Bakel, il n'y a pas eu de perturbations, de l'avis des autorités académiques, les épreuves se sont bel et bien déroulées.
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