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Ile Maurice: Zones humides à sec
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L'Express (Port Louis)
20 Mai 2008
Publié sur le web le 20 Mai 2008
Port Louis
Elles abritent quantité d'écosystèmes et réduisent les risques d'inondations. Mais l'urbanisation et la pollution grignotent ces zones humides petit à petit.
Septembre 2001 restera à jamais gravé dans la mémoire collective comme étant le mois où ont eu lieu les attaques terroristes contre le World Trade Center à New York, et, par extension, un changement radical du système mondial. Mais septembre 2001 fut aussi le mois où Maurice reconnut officiellement l'importance des zones humides en accédant à la Convention de Ramsar. C'est l'inscription de l'estuaire de Terre-Rouge sur la Liste de Ramsar des zones humides d'importance internationale qui le signala. Actuellement, c'est au tour du magnifique Parc marin de Blue-Bay de se voir inclus sur cette liste. Un pas dans la bonne direction certes, mais étant donné la vitesse à laquelle elles disparaissent, la conservation des zones humides mérite beaucoup plus d'attention.
Même si les sites de Terre-Rouge et de Blue-Bay sont on ne peut plus différents en termes d'apparence physique (l'un est un estuaire vaseux et l'autre un lagon turquoise), les deux sont des zones humides dites «marines». Elles occupent 26 hectares et 353 hectares respectivement et sont des sanctuaires pour une pléthore d'espèces animales.
L'estuaire de Terre-Rouge accueille chaque année entre 1 000 et 1 200 oiseaux migrateurs de 15 espèces différentes alors que le Parc marin de Blue-Bay abrite une quantité de coraux et d'espèces de poissons, telles les mamas rouges, cateaux, chirurgiens et licornes. Les deux zones font face à des menaces différentes : le premier au stress lié aux activités portuaires et le deuxième aux pressions dues aux activités touristiques de la région.
La question qui est sur toutes les lèvres est, bien sûr, «Mais c'est quoi exactement une zone humide ?». Selon les spécialistes de la Convention de Ramsar, elles sont «les régions où l'eau est le principal facteur déterminant l'environnement et la vie végétale et animale associée. On les trouve là où la nappe phréatique affleure ou est proche de la surface du sol, ou encore là où la terre est recouverte par des eaux profondes».
Se qualifient donc pour le statut de zone humide : «étendues de marais, de fagnes, de tourbières ou d'eaux naturelles ou artificielles, permanentes ou temporaires, où l'eau est stagnante ou courante, douce, saumâtre ou salée, y compris, des étendues d'eau marine dont la profondeur à marée basse ne dépasse pas six mètres». Si à Maurice les deux sites Ramsar sont des zones humides marines, il n'en existe pas moins cinq types principaux : marines donc, estuariennes (deltas et marécages à mangliers), lacustres (lacs), riveraines (rivières et cours d'eau) et palustres (marais et marécages).
Les zones humides ont des fonctions hydrologiques et écologiques primordiales. Elles agissent, par exemple, comme une éponge géante qui absorbe les excès d'eau et retiennent les sédiments avant qu'ils ne puissent se déverser dans les lagons. Selon la Convention, elles sont «parmi les milieux les plus productifs au monde. Elles sont le berceau de la diversité biologique et fournissent l'eau et la productivité primaire dont un nombre incalculable d'espèces de plantes et d'animaux dépende pour leur survie».
«L'accession à la Liste n'est pas une fin en soi»
Mais voilà, le développement économique est accompagné d'une urbanisation galopante qui menace leur existence. Surtout qu'à Maurice, les zones humides se trouvent principalement sur le littoral, lieu de prédilection des promoteurs de tous bords. Les chiffres avancés par le ministère de l'Environnement sont singulièrement inquiétants : 1 000 m2 de zones humides disparaissent chaque année. Plus de 50 % des sites du nord et de l'ouest du pays ont déjà été comblés. Environ 66 % de celles qui se trouvent dans les alentours de Grand-Baie ont été «perdues».
De ce fait, il y a une circulation d'eau accrue vers la mer, ce qui «a un impact sur la qualité de l'eau dans les lagons». Avec la disparition des zones humides, on peut aussi s'attendre à davantage d'inondations et un appauvrissement drastique de la biodiversité.
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Et c'est là que la Convention de Ramsar trouve sa raison d'être. «Les objectifs premiers de la Convention de Ramsar sont d'empêcher la perte et la dégradation des zones humides à travers le monde et d'en assurer une utilisation sage et durable, tout en conservant la valeur de leur biodiversité et les services rendus par leurs écosystèmes.» C'est d'ailleurs le «seul traité mondial de l'environnement qui porte sur un écosystème particulier».
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