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Congo-Kinshasa: Spoliation de l'ACP, Athénée de la Gare, Institut de la Gombe et l'ex-cimetière de Kasa-vubu - «tous les contrats doivent être résiliés », selon l'Assemblée nationale
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Le Phare (Kinshasa)
20 Mai 2008
Publié sur le web le 20 Mai 2008
Dominique Mukenza
Tous les contrats qui spolient l'Etat de ses terrains et maisons doivent être résiliés. Telle est la décision de la plénière, d'hier lundi, à l'Assemblée nationale. Elle a été prise à l'issue de l'audition du rapport de la commission d'enquête sur « la spoliation des terrains et maisons de l'Etat».
Quatre sites à Kinshasa ont particulièrement retenu l'attention de cette commission instituée à la suite des questions orales avec débat adressées l'année dernière par Clément Kanku Bukasa aux trois ministres. Il s'agit de l'ex-cimetière de Kasa-vubu, de l'athénée de la Gare et de l'Institut de la Gombe ainsi que de l'Agence congolaise de presse, Acp. Et les ministres concernés à l'époque étaient celui de l'EPSP, des Affaires foncières et de l'Information, Presse et Communication nationale.
L'Etat congolais spolié par ses propres mandataires
C'est au cours de sa plénière du 6 octobre 2007 que l'Assemblée nationale avait chargé sa Commission permanente Aménagement du territoire et infrastructures d'enquêter sur les cas des constructions qui s'élèvent sur les terrains de l'ex-cimetière de Kasa-vubu, de l'ACP, de l'athénée de la Gare et de l'Institut de la Gombe.
Suivant le rapport de la commission présidée par Vital Budu Tandema, il s'avère qu'un plan diabolique tendant à déposséder l'Etat de son patrimoine immobilier serait mis en marche et entretenu par ceux-là même qui sont censés le protéger. C'est-à-dire les décideurs politiques et autres mandataires publics.
Des révélations troublantes et à même de révolter la conscience nationale ont été dénoncées par la commission au terme de son travail sur le terrain. Dont entre autre le témoignage poignant de l'ancien ministre en charge de l'Information, Presse et Communication nationale, Toussaint Tshilombo Send. Entendu dans le lot des 46 personnalités dont 36 ayant répondu à l'invitation de la commission, Toussaint Tshilombo a relaté son calvaire lors de sa descente sur le site de l'Acp.
Arrivé aux affaires le 1er mars 2007, le ministre a indiqué n'avoir jamais été informé par le comité de gestion de l'Acp de l'existence des magasins en construction sur le terrain de l'agence lors de sa tournée effectuée dans les entreprises sous tutelle. C'est seulement lorsqu'il s'est rendu de nouveau sur le terrain un certain dimanche qu'il trouvera un sujet libanais répondant au nom de Abu Abbas en train de diriger les travaux de construction. Interpellé par un agent de l'Acp, ce Libanais prétendait avoir reçu l'autorisation de la présidence de la République pour la construction des magasins sur le terrain de l'Acp.
En face d'un ministre du gouvernement qui lui demandait des comptes, le Libanais a rétorqué en disant « qu'il n'y avait pas de ministre dans ce pays ». Avant de le toiser méchamment « soki nabengi Kabila oko sauter » (entendez : si j'appelle Kabila, tu vas sauter). Avant d'actionner son téléphone pour faire venir à la minute 3 policiers de Kin-Mazière et leur demander : « bokanga ye » (arrêtez-le). Au même moment, a poursuivi Toussaint Tshilombo, la présidence qui était au courant de cette mésaventure a dépêché un agent des services spéciaux sur le lieu où il a trouvé les 3 policiers en tenue et leur chef en civil. Il leur intima l'ordre de protéger le ministre qu'ils reconnaissaient d'ailleurs. C'est alors que le véritable patron du chantier, M. Hassan, est arrivé et s'est entretenu avec l'agent de la présidence pendant que son représentant Abu Abbas se retirait.
Un témoignage qui a révolté toute la salle à cause de l'insolence avec laquelle un sujet expatrié a traité un ministre en fonction.
Jeannine Mabunda mise en cause
La commission a entendu ensuite les membres des différents comités de gestion qui se sont succédé à la tête de cette agence. Parmi eux M. Eyala Mbwakama Isese, l'un des anciens Adg. Celui-ci a reconnu avoir trouvé le projet sans l'autorisation préalable de la tutelle (technique) dont le silence valait pour lui acquiescement, mais il s'est refusé d'agir. Avant d'indiquer ensuite que « néanmoins, cette autorisation a été donnée par la ministre du Portefeuille du gouvernement Gizenga I, laquelle avait initié la relecture du projet ayant abouti à l'élaboration de l'avenant qui a relevé le montant du loyer ». Autre grief retenu à charge de la ministre du Portefeuille, c'est son refus délibéré de répondre à l'invitation de la commission en vue de l'éclairer sur certains points. Attitude que les députés n'ont pas bien digérée parce que la jugeant de manque de considération à leur égard ou mieux un sabotage envers le parlement. Alors que le gouvernement où elle siège tire sa légitimité du parlement.
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