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Congo-Kinshasa: Des pratiques maffieuses pour liquider la Miminco
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Le Phare (Kinshasa)
20 Mai 2008
Publié sur le web le 20 Mai 2008
Ttb
La réhabilitation de la Mineral Mining Company - Miminco - dans son siège du boulevard du 30 juin n'a pas seulement apporté la preuve du professionnalisme de nombre de magistrats du Parquet, mais aussi et surtout celle de l'existence d'une maffia organisée, dont l'objectif est de déposséder l'entreprise américaine de son patrimoine et de l'effacer du marché congolais du diamant.
L'illustration en a été apportée par la précipitation avec laquelle, au troisième trimestre de l'année dernière, Nancy Mbele ya Litho s'était empressée, grâce à un jugement du reste contesté par la partie Mukendi qui l'avait jugé complaisant, de revendre la parcelle au couple indien Dahanani. Aussi étonnant que cela puisse paraître, les dernières rumeurs qui courent dans la ville haute à Kinshasa font état d'une opération de vente de la même parcelle par le couple indien, soudain pressé de s'en débarrasser comme d'une patate trop chaude, à un homme considéré comme proche du régime, et dont on attend qu'il joue de son influence pour déposséder la Miminco de son siège.
En attendant que le Parquet puisse confirmer ou infirmer ce nouveau rebondissement, tous les observateurs ont noté une incroyable conjonction d'intérêts, qui ne pouvait pas être simplement fortuite, entre tous ceux qui se sont investis dans la démarche visant à déposséder la Miminco. Mais aussi et surtout le fait que la corruption a atteint un niveau tel, dans notre pays, que tous les adversaires de la Miminco ne se sont pas posé des questions pour agresser une entreprise américaine en pleine capitale de la RDC, ceci en dépit de nombreuses pressions diplomatiques et du rappel, par les autorités américaines, de la convention liant les deux pays en matière des rapports économiques et de protection des investissements.
Ce n'est pas tout. On n'a toujours pas compris à ce jour comment un bien querellé devant les cours et tribunaux pouvait faire l'objet d'une opération de cession sans confirmer l'intention frauduleuse et la volonté de ridiculiser la justice de la RDC.
Une maffia locale à l'oeuvre
Dans tous les cas, des indiscrétions puisées à très bonne source font désormais - et c'est presqu'une conviction dans le chef des limiers du Parquet - état de liens très profonds entre ceux qui ont cherché à déposséder la Miminco de son siège du boulevard du 30 juin et ceux qui, sur le terrain à Diboko, tentent par mille et un artifices d'arracher les concessions de la société américaine. Nos lecteurs n'ont pas encore oublié l'épisode du Juif Shlomo Wolf de la société Minigral qui avait, en 2004-2005, envahi et exploité illégalement les concessions de la Miminco sans qu'il lui soit réclamé aucun dommage par les autorités minières. Ces dernières, en revanche, s'étaient fait prier pour admettre la Miminco, après l'avoir menacée de résilier son contrat, au régime de la force majeure. Cette agression contre la Miminco venait après celle des éléments de la DSP au milieu des années 90 et l'expropriation opérée par l'Afdl dès sa prise de pouvoir.
A l'heure actuelle, le nouveau coup de force contre la Miminco est signé KDC, une société concurrente oeuvrant dans le secteur du diamant. Selon des sources concordantes, des agents de cette entreprise organisent depuis plusieurs mois des visites impromptues dans les concessions de la Miminco et prennent des photos. On a même récemment signalé l'atterrissage, à plusieurs reprises, d'un hélicoptère.
De fil en aiguille, les dirigeants de la Miminco disent avoir découvert qu'en réalité, Nancy Mbele ya Litho, celle-là même dont l'objectif officiel était de récupérer le siège de la Miminco qu'elle disait détenir d'un héritage familial a, comme par hasard, des liens étroits avec KDC. D'où la question de savoir si les agressions répétitives sur la parcelle du boulevard du 30 juin et les visites d'intimidation qui s'opèrent sur le terrain à Diboko n'ont pas la même origine et les mêmes motivations, à savoir ruiner la Miminco, l'évincer du marché de l'exploitation du diamant et, en fin des comptes, récupérer ses concessions convoitées pour on ne sait quelle raison.
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A vrai dire, l'hypothèse n'est pas aussi farfelue qu'on pourrait le croire. Il suffit de considérer le fait que tout le patrimoine de la Miminco sur le boulevard du 30 juin a été pillé pour fragiliser la société, et que c'est au même moment que les visites intempestives se sont multipliées sur le terrain à Diboko. L'intention de nuire est donc évidente, tout comme la connection entre les deux affaires, celle de la tentative d'expropriation sur le boulevard du 30 juin et celle visant les concessions de Diboko, lien confirmé par le fait que dans un cas comme dans l'autre, les racines remontent toujours jusqu'à la KDC. Il suffira, désormais, de poser la question de savoir à qui profite le crime.
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