L'Express de Madagascar (Antananarivo)
Fano Rakotondrazaka
20 Mai 2008
Verdict rendu dans l'affaire du coup de force à la Bani en 2006. Le général Fidy est condamné à 15 ans de travaux forcés. Pety Rakotoniaina. et les autres inculpés écopent de 10 ans de prison.
La Cour criminelle a rendu hier à Anosy son verdict en condamnant à 15 ans de travaux forcés le général Randrianafidisoa, les colonels Alfred Rakotomaronirina, Léon Ramanantsalama, Laurent Boto, le capitaine Lalaina Andrianjatovo ainsi que le colonel Joie Hans Rakotoarisoa, qui est encore en cavale. La même juridiction a infligé 10 ans de travaux forcés aux colonels Jean Baptiste Behavana, Jean Welsen Ralaikoa et Pety Rakotoniaina, seul civil inculpé dans le coup de force à la Base aéronavale d'Ivato les 17 et 18 novembre 2006.
La peine de travaux forcés est assortie d'un mandat d'arrêt contre le colonel Joie Hans Rakotoarisoa, des dommages et intérêts de plus d'Ar 55 millions, que les condamnés doivent payer conjointement à la demande de l'État malgache et la restitution du véhicule 4x4 double cabine à son propriétaire.
La décision du tribunal, surtout sur les travaux forcés, a semblé surprendre les proches et les partisans des condamnés. Leur déception s'est lue sur leurs visages, devenus sombres dans la salle 4 de la Cour criminelle.
Retour en prison
Le général Randrianafidisoa, côte-à-côte avec son épouse, a tout de suite discuté avec ses avocats des mesures à prendre, près des bancs des accusés. Trois mètres plus loin, des membres de l'association Tambatra et Ialy Rakotoniaina ont encouragé leur président en lui donnant successivement l'accolade. Devant le geste de ses compagnons de lutte, Pety Rakotoniaina, semblait être ému. «Il n'y a pas de problème», leur a-t-il simplement dit.
Le fils du colonel Laurent Boto, quant à lui, a préféré le silence pour bien réfléchir sur le verdict. «Laissez-nous tranquilles», a-t-il dit aux journalistes qui voulaient l'aborder.
Quelques minutes après, les éléments des forces de l'ordre présents dans la salle ont fait sortir l'assistance hors de la salle et ont organisé l'escorte des condamnés pour leur retour en prison, à Tsiafahy pour le général Randrianafidisoa et les autres militaires, et à Antanimora pour l'ancien maire de Fianarantsoa.
Maître Raherimandimby, avocat de Pety Rakotoniaina, a annoncé hier même à la sortie du tribunal le recours à la cassation de la décision de la Cour criminelle. «Notre client n'est pas satisfait. Nous allons demander la cassation», a-t-il annoncé, juste après avoir enlevé sa toge d'avocat.
À son tour, l'un des dirigeants de l'association Tambatra, en même temps témoin lors du procès, Beza Seramila, a souligné le côté politique du verdict en confiant qu'il s'attendait à une telle décision. «Nous n'espérions pas que le régime Ravalomanana laisserait l'association Tambatra tranquille même si nous pensons que Pety Rakotoniaina n'est pas coupable dans cette affaire», a-t-il soutenu, en présence de son collaborateur politique, Jaques Aimé Raharinirina.
Les témoignages remis en question
Le général Randrianafidisoa a exprimé, hier, sa déception de ne pas avoir entendu lors du procès le témoignage de l'ancien Chef de l'état-major général de l'armée malgache (Cemgam), le général Raonenantsoamampianina. Selon lui, ce dernier est l'une des pièces maîtresses dans la recherche de la vérité. Le colonel Alfred Rakotomaronirina a confirmé la déclaration du général Randrianafidisoa en ajoutant que l'absence du Cemgam handicape le bon déroulement de l'audience.
La défense des accusés avance que les témoins militaires ne sont pas valables dans la présente affaire. Elle évoque qu'en tant que subordonnés selon la discipline militaire, ces témoins ont du mal à s'exprimer librement et selon leur propre conscience.
Pety Rakotoniaina se demande aussi lequel des témoignages contradictoires concernant sa présence à Ivato le 17 novembre est considéré comme fondé par le tribunal.
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