Parfait Tabapsi (stagiaire)
21 Mai 2008
Face à la souffrance des populations, les professionnels de l'assainissement proposent des voies de sortie.
Viviane est une ménagère vivant à Yaoundé. Depuis quelques semaines effet, elle procède tous les dimanches un assainissement total de son appartement. A chacune de ces occasions, la jeune femme se livre à une bataille contre des cafards de petite taille, une race que des observateurs disent, récente au Cameroun. "Si je ne procède pas de la sorte, les cafards ne s'en iront pas. Car lorsque vous utilisez les insecticides, les cafards meurent certes, mais les Å"ufs résistent. Et vous êtes la première surprise à les revoir en plus grande quantité quelques jours seulement après". Au cours de son grand ménage, elle astique tout et pulvérise le premier insecticide à sa portée avant de tout remettre à l'endroit.
Cette situation qui est loin d'être l'apanage de la seule Viviane est connue de nombre d'habitants de Yaoundé qui ne cachent pas leur étonnement quand ce n'est leur agacement face à la recrudescence de ces bestioles dans les domiciles. Surtout lorsque au milieu de la nuit, elles vous traversent le corps ou se retrouvent dans le moindre liquide laissé à découvert. Pourtant, il est connu que les latrines laissées ouvertes sont la porte ouverte aux cafards qui s'y retrouvent pour se nourrir et se multiplier. Selon Charles Segnou, technicien du génie sanitaire en service au Centre d'imprégnation des moustiquaires de l'Hygiène mobile à Yaoundé, "il n'y a pas que les latrines pour constituer la zone de multiplication, il y a aussi les ordures ménagères qui, pas bien traitées ou évacuées, favorisent le développement des cafards".
Le disant, il n'omet pas de préciser que "le cafard est le véhicule des maladies liées aux différents vers intestinaux comme l'amibiase. Ceci par ce que les pattes de ces animaux comportent des germes pathogènes qui peuvent être déposés sur la nourriture ou dans de l'eau à boire". Des germes que les cafards transportent depuis les latrines ou les immondices qui sont souvent voisines aux maisons d'habitation. C'est pourquoi il estime qu'il faut prendre très au sérieux l'invasion des domiciles par les cafards. Il conseille vivement aux populations "à recourir à un technicien formé qui saura appliquer la formule approprié pour bouter hors des maisons ces bestioles" qui donnent le tournis à plus d'un.
Face à la résistance que manifestent les cafards, il ajoute qu'il n'en est rien ou presque. "C'est vrai qu'il y a des cas de résistance dus très souvent à la mauvaise utilisations des produits ou à l'usage de produits de contrefaçon, mais ce qu'il faut savoir c'est qu'il se développe depuis quelques années maintenant dans notre pays une nouvelle race de cafards importés de l'étranger à travers la friperie ou des appareils électroniques". Il déplore au passage l'abandon de la politique qui consistait en "la désinsectisation intra et extra domiciliée". Des campagnes qui parcouraient les tréfonds des zones rurales et au cours desquelles les domiciles mal entretenus étaient sommés de se mettre au pas.
Un passé qu'il invoque pour mieux situer la nécessité aujourd'hui de recourir à un spécialiste de son acabit, car, dit-il, "quand je parle de spécialiste, il s'agit de compétences et rien d'autre. Il y a quelques charlatans qui se passent pour des spécialistes et escroquent vergogne les familles dans certaines municipalités et contribuent à rendre les cafards résistants." Et dans le cas où il n'y en aurait pas dans les parages, vaut mieux "rentrer en possession d'un moustiquaire imprégné dont l'effet sera limité, vu qu'il ne pourra pas recouvrir toute la maison et encore moins la concession".
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