La Presse (Tunis)

Tunisie: Une adaptation pertinente aux exigences de tous les intervenants

Chokri Gharbi

21 Mai 2008


Moderniser les équipements des petits commerçants en intégrant le matériel nécessaire comme la réfrigération et l'informatique tout en La modernisation du secteur commercial est devenue depuis quelque temps une nécessité pour l'économie nationale.

En effet, il s'agit de répondre à des principaux objectifs à savoir la réponse à la demande des commerçants concernant la mise en place d'une plate-forme moderne leur permettant d'écouler leurs produits dans les meilleures conditions, d'une part, et la satisfaction de la demande des consommateurs devenus de plus en plus exigeants concernant la qualité des produits et des services, d'autre part.

La modernisation du commerce implique, bien sûr, l'assainissement des circuits de distribution, la rénovation ou la mise en place d'une infrastructure moderne et performante en plus du cadre juridique approprié pour protéger aussi bien le commerçant que le consommateur qui ont, chacun, des devoirs et des obligations à respecter.

La Tunisie à cet égard a franchi des pas importants dans la modernisation du commerce en prenant soin de mettre un dispositif commercial auquel prennent part les producteurs, les commerçants et l'administration dans le cadre de la transparence totale des transactions qui se font conformément au principe de l'offre et de la demande.

Pour une compression des coûts de la distribution

Le secteur commercial a fait l'objet au cours des dernières années de plusieurs actions de réformes et de modernisation pour que chaque intervenant trouve son compte dont le producteur, le commerçant et le consommateur. Ce secteur occupe une place de choix sur la scène socio-économique dans la mesure où il est à l'origine de la génération de richesses et de la mise en valeur de la production nationale dans divers secteurs d'activités.

Mieux, le secteur participe à la relance de l'emploi et concrétise les objectifs du programme présidentiel «Pour la Tunisie de demain». Le secteur a été donc préparé pour faire face à une concurrence de plus en plus rude d'autant plus que les négociations avec l'Union européenne concernent aussi le secteur des services et il est question de respecter les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Les professionnels ont toujours formulé leur désir de moderniser le secteur commercial et de faire le suivi de leurs préoccupations et de leurs recommandations lors de la consultation nationale sur le commerce en 2004.

Les objectifs fixés par la modernisation du secteur du commerce visent, en fait, à améliorer le climat des affaires tout en clarifiant le processus d'installation pour les investisseurs. L'autre objectif est de renforcer la protection du consommateur qui a fait l'objet de dispositions présidentielles avant-gardistes et ce, en améliorant le pouvoir d'achat et les prestations fournies. C'est là l'un des indicateurs du développement économique.

Les pouvoirs publics cherchent aussi à travers une telle modernisation la compression des coûts de distribution et par conséquent la maîtrise des prix, la participation à l'augmentation du taux de croissance en plus de la dynamisation de l'investissement et de la création des entreprises et des postes d'emploi. Les producteurs sont, de leur côté, incités à satisfaire les besoins du marché pour permettre à la concurrence de jouer pleinement son rôle au niveau de la production. Ainsi, une dynamique commerciale peut être créée par le consommateur qui est, lui aussi, encouragé à consommer tunisien.

Pour moderniser le secteur commercial, un programme a été mis en place et s'articule autour de certains axes dont le premier consiste à concrétiser les décisions des Conseils ministériels restreints consacrés au point 4 du programme présidentiel «Pour la Tunisie de demain», et qui concerne la dynamisation de l'exportation ainsi que du point 14 qui recommande une protection plus grande du consommateur. Cela dit, le programme en question concerne précisément la modernisation du commerce de la distribution, la mise à niveau des circuits de distribution des produits agricoles et de la pêche et le développement du commerce électronique. Un nouveau programme mis en place a concerné le développement des exportations.

Toutefois, cette modernisation du commerce de la distribution concerne les grandes et moyennes surfaces, le petit commerce, en plus de l'organisation du secteur des services et des petits métiers. Il est question aussi d'une mise à jour des législations économiques et d'un meilleur encadrement du secteur.

S'agissant des grandes surfaces, il y a lieu que leur nombre se trouve essentiellement dans la capitale - avec des enseignes célèbres comme Carrefour et Géant - mais de nouvelles demandes sont enregistrées. Les surfaces de taille moyenne comptent trois enseignes à savoir Monoprix, Magasin Général et Champion avec 129 points de vente.

Ces hauts lieux du commerce font travailler près de 7.000 personnes dont 820 diplômés de l'enseignement supérieur. Mais la part des grandes et moyennes surfaces de l'ensemble des transactions est de près de 15%. Certaines surfaces sont spécialisées dans la vente des meubles, du matériel électroménager, de la quincaillerie

Opportunités de commercialisation près des zones frontalières

Toujours pour ce qui est des grandes et moyennes surfaces, un plan directeur sera mis en oeuvre pour rationaliser l'installation de celles-ci, assurer l'équilibre entre ces surfaces et les autres composantes du tissu commercial et clarifier les procédures aux yeux des investisseurs. A noter que la modernisation va concerner les surfaces se trouvant dans toutes les régions du pays et l'on compte même exploiter les opportunités de commercialisation près des zones frontalières.

Pour appliquer ces orientations, l'élaboration d'une étude (en cours) a été confiée à un bureau d'études. Elle sera présentée à un comité pilote regroupant les différents ministères concernés, ainsi que des représentants de la profession. Les recommandations de ladite étude seront pris en considération lors de la révision des textes réglementaires organisant le secteur du commerce.

L'objectif est de moderniser les équipements des petits commerçants en intégrant le matériel nécessaire comme la réfrigération et l'informatique tout en améliorant l'aménagement des locaux par un effort personnel et les interventions de la Banque tunisienne de solidarité. Un accord avec cette banque permettra de financer la mise à niveau de tous les intervenants dans le secteur avec un seuil de 25.000 dinars pour les crédits destinés aux commerçants de détail et 80.000 dinars pour ceux réservés aux commerçants de gros.

L'étude des dossiers se fait, rappelons-le, au niveau des directions régionales de commerce pour rapprocher les services des intéressés. Un projet pilote d'aide au financement des aspects immatériels pour le développement du petit commerce a même été prévu. L'amélioration des capacités des petits commerçants avec augmentation des marges et libéralisation des prix de produits dans les secteurs concurrentiels, font partie de l'ensemble des actions définies.

Au programme également, le renforcement de la formation dans des spécialités commerciales comme les métiers de vendeur, responsable de rayon, chargé des achats, présentation et ornement des vitrines et des étagères, comptabilité Le rôle des Chambres de commerce et d'industrie sera activé pour mettre la main à la pâte. Un autre programme pilote concerne les petits commerçants dans certaines spécialités comme la comptabilité et les techniques de présentation et d'achat.

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