La Presse (Tunis)

Tunisie: Huile d'olive : Prix à l'export fixé à 4,497 dinars le kg

Classée, à l'échelle mondiale, premier exportateur de dattes et deuxième exportateur d'huile d'olive, la Tunisie n'a ménagé aucun effort pour promouvoir les industries agroalimentaires, notamment sur les marchés étrangers. Le secteur agro-alimentaire compte 1.007 entreprises. dont 124 sont totalement exportatrices. Un secteur stratégique qui a enregistré, dernièrement, un taux de croissance de 16,5 %. Un record jamais atteint depuis un quart de siècle.

Gros plan sur un secteur aussi prometteur que dynamique.

En matière d'exportation, la part de l'agroalimentaire a enregistré une croissance de l'ordre de 11,6 % de l'ensemble des exportations tunisiennes. Toutefois, le taux de couverture a enregistré, quant à lui, une régression notable allant de 115,9% en 2006 pour atteindre 94,9% en 2008. Cela s'explique, entre autres, par la hausse des prix à l'échelle internationale de certains produits importés par la Tunisie, à l'instar des céréales.

L'huile d'olive est parmi les produits les plus exportés par la Tunisie. Elle a connu une évolution de l'ordre de 24,8 %. Cela s'explique par deux éléments essentiels. Le premier concerne l'augmentation du prix à l'exportation évalué à 4,497 dinars le kg contre 3,849 dinars le kg. Le second se traduit par la hausse des quantités exportées, soit 6.8 %.

Par ailleurs, la diversification des marchés a joué un rôle important dans le renforcement de la capacité d'export du secteur. De nouveaux marchés ont été ciblés : la Suisse, la France, les Etats-Unis et le Maroc. Cependant, beaucoup reste à faire en matière de promotion de l'huile d'olive tunisien à l'échelle internationale.

Ce produit est vendu en vrac. 1% seulement de la production nationale est mis en bouteille et vendu sous un label tunisien, d'où la nécessité d'un partenariat entre tous les intervenants du secteur pour contribuer à la maîtrise du conditionnement de l'huile d'olive tunisienne. L'objectif étant d'améliorer la compétitivité et de mieux se positionner sur les marchés internationaux. L'amélioration de la compétitivité des produits alimentaires tunisiens est le garant d'une meilleure commercialisation à l'échelle mondiale. Cela concerne en premier lieu l'huile d'olive, principal produit pourvoyeur de devises.

Bien que la Tunisie soit classée premier exportateur mondial de dattes, les exportations tunisiennes en la matière ont connu une baisse sensible estimée à 34,1 %. La production, qui est estimée annuellement à 105 mille t dont 70 mille t de Deglet Nour, a enregistré cette année une baisse de production destinée à l'exportation. Evaluée à 29.2%, cette baisse a été accompagnée par la régression du prix à l'export estimé à 2,818 dinars le kg.

La Tunisie exporte annuellement plus de 30 mille t dont 15.000 t sur le seul marché européen. La France est le premier client de la Tunisie, suivie de l'Italie, des Etats-Unis, de l'Allemagne, de la Belgique, des pays du Golfe.

L'exportation des produits de la mer a enregistré elle aussi une augmentation sensible. Plus de 7 mille t ont été écoulées essentiellement sur les marchés européens et japonais. Les recettes ont augmenté de presque 50 % pour atteindre 88,6 millions de dinars. Les principales espèces exportées sont les daurades et les loups, les crevettes, les palourdes, les langoustes, les seiches, les calamars et les poulpes.

L'exportation des huiles végétales a connu une dynamique remarquable, soit une évolution de l'ordre de 135, 4 % . Durant les quatre derniers mois, 9 mille t ont été exportées.

La part des exportations des agrumes par rapport à l'ensemble des exportations tunisiennes d'agroalimentaire ne cesse d'accroître. Elle se rapproche de 3 %. Par ailleurs, la production destinée à l'exportation a progressé pour atteindre 76,4 %, soit 11,6 mille t. De son côté, la moyenne du prix à l'exportation a augmenté de 6.4 %, ce qui a contribué à l'amélioration des recettes qui ont atteint plus de 23 millions de dinars.

Diversifier les marchés

Il y a lieu de remarquer que la part des exportations par rapport à la production nationale reste relativement faible. Cela s'explique par plusieurs facteurs dont notamment la concurrence de plus en plus rude d'autres exportateurs européens et quelques défaillances structurelles du secteur des agrumes. D'où la nécessité de prendre des mesures de nature à soutenir ce secteur.

Au niveau de l'exportation, les exportateurs sont appelés à repenser les prix à l'exportation qui demeurent relativement plus élevés que ceux des autres producteurs mondiaux, diversifier les marchés, ainsi que le produit pour ne pas se spécialiser dans la production d'une seule marque, à l'instar des maltaises. Sur le plan national, les intervenants du secteur sont appelés à renforcer non seulement la productivité, mais aussi la qualité sans oublier les circuits de distribution.

Les marchés de l'agroalimentaire tunisien sont peu nombreux. 83 % des exportations du secteur sont écoulés sur uniquement six principaux marchés, d'où l'importance d'un travail de prospection de nouveaux marchés afin de diversifier non seulement la clientèle, mais aussi de promouvoir un secteur-clé de l'économie tunisienne.

Le premier marché est celui de l'Italie suivie du marché espagnol, libyen, américain, français et marocain.

L'importance des deux premiers marchés s'explique, outre la proximité, entre autres par le fait que la Tunsie exporte la majorité de sa production oléicole, en vrac, vers ces deux pays.

Deuxième activité industrielle

Les exportations des industries alimentaires ont atteint, durant les quatre derniers mois de cette année, près de 9 millions de dinars. Le secteur agroalimentaire représente la deuxième activité industrielle du pays avec 17% de la valeur ajoutée du secteur et 13% des emplois dans les industries manufacturières.

Ce secteur compte près de mille entreprises employant plus de 60.000 personnes dont 128 sont totalement exportatrices. Il y a lieu également de signaler l'augmentation rapide du nombre des exportateurs de l'agroalimentaire. Actuellement, les exportateurs sont au nombre de 660.

Il s'agit donc d'un secteur d'activité économique très important. Tous les intervenants du secteur sont appelés à déployer davantage d'efforts pour le promouvoir. Cette importance s'est traduite par le lancement, fin 2006, de la consultation nationale sur les orientations stratégiques de l'agroalimentaire. Plusieurs recommandations sont issues de cette consultation.

Il est question, surtout, de développer une production qualitative et d'impliquer davantage la recherche scientifique dans le but de soutenir l'exportation et l'approvisionnement du marché local.

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