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Afrique du Sud: Le pays de nouveau confronté à ses démons xénophobes
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UN Integrated Regional Information Networks
20 Mai 2008
Publié sur le web le 21 Mai 2008
Johannesbourg
Le bilan de la vague d'agressions ciblées à l'encontre des ressortissants étrangers à Johannesbourg, première ville sud-africaine, s'élèverait désormais à au moins 22 morts, et quelque 6 000 personnes se seraient réfugiées dans les commissariats de police, les églises et les centres communautaires.
Selon les propos formulés le 19 mai par le directeur Govindsamy Mariemuthoo, porte-parole de la police, et rapportés dans les pages du journal sud-africain The Star, la situation était calme la veille dans les townships d'Alexandra, dans le nord de Johannesbourg, et de Diepsloot, (au nord-ouest de la ville), où les premières attaques ont eu lieu la semaine dernière.
Néanmoins, les violences se sont propagées jusqu'à Zandspruit, au nord-ouest de Johannesbourg, et à Tembisa, Primrose, Reiger Park et Thokoza, à la lisière est de la ville, ainsi qu'au sein d'autres communautés ouvrières.
Le 19 mai, la presse sud-africaine a publié d'effrayantes images de personnes brûlées vives par des foules en colère qui ont parcouru les townships au cours du week-end à la recherche de ressortissants étrangers, pillant leurs boutiques et leurs domiciles.
Pour disperser la foule, la police a fait usage de gaz lacrymogène et tiré des balles en caoutchouc, des scènes de chaos urbain qui n'étaient pas sans rappeler les manifestations contre l'apartheid survenues dans les années 1980.
Dans la zone de Troyville, une enclave de migrants de longue date, située juste à l'est du quartier central des affaires, les boutiques étaient fermées le 19 mai au soir et les rues habituellement animées étaient calmes. Selon les estimations, quelque 2 000 personnes se sont réfugiées au commissariat de police de Jeppe Street, non loin de là, lorsque les violences ont éclaté ce week-end.
Un officier de police, qui a requis l'anonymat, a déclaré à IRIN qu'il ne s'attendait pas à voir les violences prendre fin dans l'immédiat, et que le commissariat avait besoin de couvertures et de vivres pour s'occuper des ressortissants étrangers hébergés sur place, dont la plupart sont Zimbabwéens, Mozambicains ou Angolais.
Le président Thabo Mbeki a annoncé le 18 mai qu'une commission avait été formée pour enquêter sur ces agressions, mais la Commission sud-africaine des droits de l'Homme (SAHRC), un organe de défense dont le mandat est prévu par la constitution, a accusé le gouvernement le lendemain de n'avoir pas pris au sérieux la menace xénophobe.
Selon les propos attribués par la presse à Tseliso Thipanyane, directeur exécutif de la SAHRC, ces flambées de violence soudaines sont le résultat d'une colère qui couve face à la pauvreté, au manque de ressources et à un afflux d'immigrés important.
En effet, quelque cinq millions de personnes, originaires de presque tous les pays d'Afrique, ont migré vers l'Afrique du Sud ; trois millions d'entre elles seraient zimbabwéennes, mais le ministère de l'Intérieur ignore combien il pourrait y avoir de migrants non-déclarés.
Les populations locales considèrent que les migrants accaparent leurs emplois, au sein d'une économie qui affiche un taux de chômage estimé à 40 pour cent, mais qui pâtit également d'une grave pénurie de compétences.
Un problème qui ne date pas d'hier
La chronologie suivante revient sur le problème de la xénophobie depuis les premières élections démocratiques qui ont eu lieu en Afrique du Sud, en 1994.
1994
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• L'Inkatha Freedom Party (IFP) à dominante zoulou menace de prendre des « mesures physiques » si le gouvernement ne réagit pas face à la crise perçue des migrants clandestins en Afrique du Sud.
• Mangosutho Buthelezi, leader de l'IFP et ministre de l'Intérieur, annonce dans son premier discours devant le Parlement : « Si nous, Sud-africains, voulons nous disputer de maigres ressources avec les millions d'étrangers qui affluent en Afrique du Sud, alors nous pouvons dire adieu à notre Programme de reconstruction et de développement ».
• Au mois de décembre, des gangs de Sud-africains tentent d'expulser des migrants perçus comme « clandestins » du township d'Alexandra, les accusant d'être responsables de la recrudescence de la criminalité, des agressions sexuelles et du chômage. Cette campagne, qui a duré plusieurs semaines, est connue sous le nom de « Buyelekhaya » (Rentrez chez vous).
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