Moctar Fofana Niang
21 Mai 2008
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Selon Sadio Camara (Info N° 1683 du 15juin 2004) dans « la problématique de la « gauche » au Sénégal » on relève ceci : « Donc, en politique, un groupement ou parti politique est de la « gauche » quand il se dresse contre une politique conservatrice pour une autre, celle là novatrice, de changement et de progrès... Mais de nos jours, avec le contexte du monde mono polaire et de la mondialisation, la notion de « gauche » en politique semble avoir évolué. Ainsi on parle de la l « gauche plurielle » comprenant pour certains « la gauche révolutionnaire » et la « gauche réformiste », intégrant la notion de « lutte de classes » ; pour d'autres, « tous ceux qui défendent les populations les plus défavorisées (les ouvriers, les paysans) et les personnes les plus vulnérables » ; pour certains autres « les socialistes, les communistes et les écologistes.... Quand au « PS » ou de ce qui reste de ce parti, il faut noter deux faits importants à nos yeux : premièrement, il s'est purgé de ses éléments les plus caciques... deuxièmement, les actuels dirigeants du « PS » sont relativement jeunes, donc plus réceptifs aux idées nouvelles, aux innovations... »
Très enthousiaste pressé ou désespéré il déclare « il nous apparaît hasardeux de s'attarder à la formation d'une hypothétique ou lointaine gauche en dehors du CPC. »
Alioune Diop avertit : « les confusions, les amalgames et surtout les nouvelles alliances suscitent débats et controverses. Les nouvelles réalités imposent donc des clarifications voire la réactualisation des orientations. » Alla Kane est catégorique « ..il faut une solution de gauche... Une solution à appliquer au plus vite, en raison de l'urgence de la situation et la gravité que revêtent les problèmes politiques de notre pays. Comment ? Selon quel rythme et avec quelles modalités ? Sous quelle forme ? ..« ...le front et la fédération sont en fait une seule et même modalité.... Le front ou la fédération nous conduira aux mêmes impasses et le problème restera entier.... La vraie solution au problème qui nous préoccupe au plus haut point est la mise sur pied d'un grand parti de la Gauche historique. C'est la solution, mais la plus difficile parce que ce dernier devrait entraîner la disparition de plusieurs autres... » et il affirme que « la réponse à cette question dépasse les partis et relève de la conscience individuelle de chaque militant de la gauche, qu'il soit dans un parti ou non organisé. A la base, les militants doivent oser prendre leurs responsabilités et exiger de leurs dirigeants de prendre la seule décision qui vaille parce qu'allant dans le sens des intérêts du peuple et de l'histoire, liquider les partis et rejoindre le grand courant de rassemblement de toute la gauche historique pour la création d'un parti unique.... »
Sadio Camara avertit : « ... A la suite de toutes les expériences malheureuses sur fond d'ambitions personnelles, de rancune et d'anticommunisme, il nous semble difficile d'appeler les « militants et sympathisants des partis de la gauche sénégalaise à exiger ici et maintenant de leurs états majors des démarches concrètes et immédiates en direction de toutes les composantes de notre famille politique pour tenir les assises nationales de la gauche sénégalaise... d'autant qu'il s'agit des mêmes partis et presque des mêmes hommes à la tête des dits partis... »
Alla Kane encore catégorique « L'heure n'est plus au renforcement des partis de la gauche pris individuellement car objectivement, ils ont fait le plein et atteint leurs limites. L'heure est à leur disparition effective, à leur renaissance en un grand parti, seul capable de réaliser l'alternative. Le chauvinisme de parti est devenu le pire ennemi de la gauche et le sûr allié du pouvoir que cette gauche prétend combattre.... Des hésitations, des tergiversations et même des résistances ne manqueront pas de se faire jour dans les rangs, portés par les séjours plus ou moins prolongés dans les avenues du pouvoir... » ... La voie qu'elle a choisie, celle des coalitions et des alliances tactiques l'affaiblit plus qu'elle ne la renforce en la distrayant de ses tâches d'organisation et de formation politique de ses membres seules capables de lui frayer le chemin vers la prise du pouvoir... » Ce que confirmera Madieye Mbodj de AJ/PADS qui conduira une action critique vigoureuse aboutissant à la naissance de Yoonu askan wi. Aux assises de baptême de leur nouveau mouvement Madièye Mbodj dans l'Observateur des 3 et 4 Mai 2008, lance un appel « nous voulons une alternative politique que nous voulons construire non pas de façon isolée en tant que Yoonu Askan Wi avec toutes les forces de gauche et toutes les forces démocratiques et sociales qui pensent avec nous, que le projet de Gauche se résume dans ce concept : « servir le peuple et non se servir du peuple. »
Enfin la LD/MPT (Pop n°2536 du 8 Mai 2008) par son Secrétariat exhorte le Pr Bathilly « à entreprendre, dans le cadre de l'initiative du Parti pour l'émergence d'un pôle réunissant l'ensemble des forces de gauche, des rencontres bilatérales avec toutes les forces sociales et politiques de progrès qu'il n »a pas encore rencontrées »
Le problème de l'unification de la gauche est donc bien campé, mais dans cette dynamique, chaque collectif doit s'interdire de créer avec empressement un nouveau parti qui ne sera qu'un autre de plus et groupusculaire. Mettre en place un comité d'initiative et de coordination nous paraît souhaitable. Il ne servira non plus à rien de débattre sur la gauche sans être en prise avec la réalité, l'action et les actes et faits concrets. La politique c'est l'action et le marxisme léninisme science et guide. A travers les contributions et échos « filtrés » des instances de partis de la « gauche historique » par endroit malveillants et de grande gesticulation, il ressort clairement qu'une autre difficulté réside dans la volonté politique des uns et des autres.
A qui reviendra l'initiative historique du XXIe siècle ? Prendre ses responsabilités, animée de la foi profonde et sincère des « douze barbudos de la Siera Maestra cubaine » (voir www.xalima.com) pour offrir un cadre d'échanges et déployer voies et moyens pour y associer tous, y compris les partis de gauche qui y ont place et ne peuvent être exclus de ces solutions ou du débat. Chacun doit faire violence sur lui même, la situation dramatique et de misère imposée à nos populations nous en fait obligation et dans l'urgence. Ne serait-il pas arrivé le temps de lancer le « Manifeste du XXIe siècle par la gauche ? »
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