Côte d'Ivoire: Laurent Gbagbo hier à l'ouverture des JNTIC -"On me fabrique des discours et j'apparais comme un savant"
Nord-Sud (Abidjan)
21 Mai 2008
Publié sur le web le 22 Mai 2008
Cissé Cheick Ely
Les Journées nationales des technologies de l'information et de la communication ont démarré hier à Abidjan en présence du chef de l'Etat Laurent Gbagbo.
Un «savant numérique.» C'est l'image que Laurent Gbagbo a donnée hier à Marcory à l'ouverture officielle des Journées nationales des technologies de l'information et de la communication (Jntic) avec pour thème «Connecter les handicapés.» Si le chef de l'Etat admet qu'il est un profane sur certaines questions économiques telles les Ogm (Organisme génétiquement modifié), il reconnaît que c'est bien grâce à l'internet qu'il a pu donner son avis sur ce sujet. «On me fabrique des discours avec des informations recueillies sur l'internet et j'apparais comme un savant », a affirmé le président de la République, soulignant qu'à l'image d'Abidjan, il faut faire en sorte que l'accès à l'internet soit une réalité dans les localités villageoises. Avant de lancer un appel aux conseils généraux et maires afin qu'ils vulgarisent cet outil dans les écoles. «Nous voulons aller plus loin avec la zone franche à Grand-Bassam. Il faut les moyens car la sortie de crise est plus chère que la crise », a soutenu Laurent Gbagbo. Cela ne doit pas être un prétexte. D'autant qu'il a ajouté que l'on doit se battre pour arriver à bout des difficultés. Revenant sur le thème de la rencontre, Laurent Gbagbo a indiqué que le vrai handicapé n'est plus physique mais celui qui n'a pas accès aux Ntic. Selon Michel Loukou, président du conseil d'administration de l'Union nationale des entreprises de télécommunications (Unetel, structure initiatrice des Jntic) sur 600 millions d'handicapés dans le monde, la Côte d'Ivoire en compte 2 millions, un chiffre en croissance du fait des effets de la guerre. En effet, a-t-il poursuivi, l'accès équitable de tous et notamment des personnes marginalisées et vulnérables à la société d'information reste donc une problématique. Un changement de comportement apparait à ses yeux, nécessaire pour le respect des libertés et droits fondamentaux de cette couche de la population. Pour le ministre des Nouvelles technologies de l'information et des télécommunications (Ntit) Hamed Bakayoko, il s'agit d'une révolution numérique pour laquelle la Côte d'Ivoire ne doit pas être en marge. «Les Ntic ne sont pas un luxe mais une solution au sous-développement. Nous avons un vaste programme avec la Chine en vue d'équiper tous les commissariats d'Abidjan et de Yamoussoukro en outils informatiques. Toute chose qui va accroître la rapidité dans le traitement de l'information », a-t-il précisé, se prononçant en faveur d'une cohérence dans la politique globale à l'horizon 2010. Hamed Bakayoko a apprécié les chiffres réalisés dans le secteur en dépit de la crise. Le taux de pénétration est passé de 8 à 35%, soit une couverture de 33%. 1325 localités ont été raccordées. Le chiffre d'affaires cumulé (mobile et fixe) a progressé de 171 milliards à 673 milliards Fcfa sur 5 ans. Les tarifs ont connu également une baisse notable surtout à l'international en passant de 1.650 Fcfa à 206 Fcfa la minute. Avant d'espérer que dans le long terme l'appel du téléphonique pourra baisser encore pour aller vers la gratuité. En marge de l'ouverture des Jntic qui prendront fin le 23 mai, Côte d'Ivoire télécom (Cit) et Orange Côte d'Ivoire, tous deux des opérateurs du secteur, ont présenté leurs nouveaux services. Il s'agit de l'offre et IP Relais, (solution de communication et de sécurisation des liaisons) et la carte prépayée Contact nouvelle version pour Cit et le Bureau mobile (accès à Internet via un ordinateur portable) pour Orange.