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Sénégal: La francophonie économique en question
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Wal Fadjri (Dakar)
BILLET
22 Mai 2008
Publié sur le web le 22 Mai 2008
L'Oif, sans pouvoir être le moteur du développement des pays membres, pourrait mieux accompagner les réformes et le développement des échanges commerciaux et les investissements entre les acteurs privés
Comment donc optimiser l'espace économique francophone en puissance ? D'abord un constat. Aujourd'hui, beaucoup parmi les pays membres de l'Organisation internationale de la Francophonie (Oif) continuent d'être comptés parmi les pays pauvres. En Afrique, en particulier, la croissance amorce, certes, une tendance haussière depuis quelques années, dépassant 5 % par an en moyenne, grâce aux progrès enregistrés dans la mise en oeuvre des réformes, couplés, dans certains cas, avec l'exploitation des ressources pétrolières.
Cependant, le niveau de croissance demeure encore insuffisant pour permettre à la plupart des pays d'atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement fixés pour 2015. Cette situation découle de plusieurs handicaps structurels : mauvaise spécialisation internationale, faible productivité, infrastructures physiques inappropriées, absence d'entrepreneurs et d'un secteur privé performant.
Relever ce défi de la pauvreté et du sous-développement est devenu une nécessité, pour permettre aux pays membres de la Francophonie de bénéficier des opportunités nouvelles qu'offre la mondialisation. L'Oif doit non seulement travailler à comprendre la cause des difficultés vécues par plusieurs de ses pays membres, mais aussi apporter son appui pour leur prise effective, à travers la bonne gouvernance et la promotion des opportunités offertes par l'Espace économique que constituent potentiellement les pays francophones.
Le document de Cadre stratégique de l'Oif a bien pris en compte cet impératif en insistant toutefois sur le rôle propre des Etats qui doivent chercher à 'rendre compatibles leur intégration à l'économie mondiale et la lutte efficace contre la pauvreté, élément de leur stratégie nationale de développement durable'.
En d'autres termes, la Francophonie institutionnelle doit certes accompagner le développement des pays membres, mais elle ne peut en être le moteur. Car la complexité des chantiers de l'émergence de la pauvreté fait que leur pilotage est rendu plus efficace si les pays déclinent eux-mêmes leur propre vision et leurs propres stratégies articulées avec des plans d'actions appropriés, et, surtout, s'évertuent à être des champions de la réforme qui sachent convaincre leurs populations de soutenir les projets de réforme.
Pour sa part, la Francophonie peut et doit agir à plusieurs niveaux : Promouvoir la bonne gouvernance et les bonnes pratiques ; Soutenir les partenariats d'affaires et l'insertion des pays pauvres dans l'économie mondiale ;
Appuyer le financement d'initiatives de développement ;
Contribuer au développement de l'entreprenariat au sein de la Francophonie. Premièrement, l'Oif doit faire un vrai plaidoyer pour la réforme et pour la bonne gouvernance politique et économique qui constitue le préalable et la première étape de la marche vers l'émergence et le développement.
Partageant des valeurs fortes, ancrées sur un passé commun et sur une langue qui facilite le dialogue mutuel et l'esprit de camaraderie, les pays francophones devraient mettre en place un processus de Revue entre les Pairs en matière de gouvernance politique, de démocratie et de respect des droits de l'Homme.
Ceci viendrait compléter le travail déjà notable effectué par l'Oif à travers les missions de paix et d'observation des élections. La conclusion d'un partenariat entre l'Oif et l'Institut africain de la gouvernance, récemment créé, est également à recommander.
Dans le domaine de la gouvernance économique, la promotion de la lutte contre la corruption, sous toutes ses formes, la modernisation et la rationalisation du droit des affaires, la simplification des procédures administratives, doivent, entre autres chantiers, recevoir l'attention de l'Oif. Le soutien apporté à l'Ohada trouve là tout son intérêt. L'Oif pourrait également bâtir des indicateurs de gouvernance, exploitant les multiples données déjà disponibles dans les autres institutions internationales (ex : Doing Business, Indice de gouvernance, Indice de compétitivité globale de l'Imd, etc.) comparant les différents pays de l'Organisation et les autres pays du monde, publier un classement annuel des pays francophones et appuyer les pays à améliorer leurs performances.
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Le second axe d'intervention potentiel de la Francophonie institutionnelle, c'est le soutien des partenariats d'affaires et des efforts d'insertion des pays pauvres dans l'économie mondiale. Présentement, l'Oif, en collaboration avec ses partenaires comme privés comme le Réseau des Chambres consulaires francophones, déploie plusieurs programmes qui méritent d'être consolidés et renforcés.
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