Depuis samedi, Jean-Pierre Bemba, Sénateur et ex-vice-président de la République démocratique du Congo (RDC), se trouve en détention à Bruxelles. Il croyait trouver un peu de repos dans cette ville où il a un domicile, après le départ précipité de son pays pour le Portugal le 11 avril 2007. Il se retrouve plutôt avec un mandat d'arrêt entre les bras.
Il est poursuivi par le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) pour deux chefs de crimes contre l'humanité et quatre chefs de crimes de guerre, dans le cadre de l'enquête sur les crimes commis à grande échelle en Centrafrique. C'est le premier suspect entre les mains de la CPI dans l'enquête sur les crimes commis en République centrafricaine entre octobre 2002 et mars 2003.
Interpellé samedi soir à Bruxelles,.Bemba a été présenté dimanche après-midi à un juge d'instruction qui a ordonné son maintien en détention. La procédure de transfèrement du suspect vers le centre de détention de la CPI à La Haye pourrait prendre un à deux mois.
J-P Bemba, Congolais bon teint arrêté en Belgique pour les atrocités commises en Centrafrique ! Pour la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH), cette arrestation est un "signal fort contre l'impunité".. Mais, certains y voient même carrément de la manipulation. En tout cas, l'avenir politique de M.Bemba semble déjà derrière lui après cette triste affaire.
Selon le droit international, les crimes pour lesquels Bemba est poursuivi sont imprescriptibles et ne sauraient se prévaloir d'aucune immunité. En 2004, la Centrafrique, incapable de juger les graves crimes commis sur son territoire par les hommes de Bemba venus prêter main forte à Ange Patassé , avait transmis le dossier à la CPI.
Les membres du Mouvement de Libération du Congo (MLC) menés par Jean-Pierre Bemba sont accusés d'avoir commis, dans le cadre d'une attaque systématique généralisée contre la population civile, des viols, des actes de torture, des atteintes à la dignité de la personne, des traitements dégradants et des pillages entre octobre 2002 et mars 2003. Ils doivent donc répondre de leurs actes. Et de préférence en Afrique. Cela semble-t-il, n'a pas été possible.
Le mandat d'arrêt, délivré vendredi à M. Bemba, est resté sous scellés jusqu'à l'arrestation de celui-ci. En clair, il ignorait donc lui-même qu'il était sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour sa responsabilité, en tant que commandant en chef, dans les violations des droits de l'homme commises par les militaires de son Mouvement de libération du Congo (MLC) lorsqu'ils étaient intervenus en Centrafrique en octobre 2002.
La CPI devra cependant faire preuve de courage et poursuivre sa logique jusqu'au bout, si elle veut être crédible.
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