Des progrès ont été certes enregistrés dans le domaine de l'accès des filles à l'école, ainsi que le soutient Yoro Fall, inspecteur départemental de l'éducation de Vélingara. Mais le maintien des filles à l'école se pose avec acuité dans ce département. Et c'est le phénomène des mariages précoces qui menace le devenir de ces filles à l'école.
Selon Adama Baldé, élève en classe de 3e au Cem de Kandia, 'chaque mois de mai, mes camarades et moi vivons la hantise des mariages précoces. C'est la période choisie par nos parents pour nous marier à des hommes que nous n'aimons pas souvent. N'étant pas préparées à nous occuper d'un homme, d'un foyer et autres, nous vivons cette situation dans la douleur. C'est pourquoi nous demandons à nos parents de nous épargner ce supplice et de nous permettre de poursuivre nos études jusqu'à l'obtention du Bac'.
Chez les Peulhs, la fille est très tôt mariée à un homme. Et ceci dès l'âge de 12 à 13 ans. Mais le mariage forcé devenu culturel dans de nombreuses ethnies du Fouladou, ravale la femme au rang de marchandises. Et souvent, l'adolescente est donnée en mariage dès les premiers signes de puberté. Elle est considérée comme un simple objet de transaction et c'est pour cela que son opinion ne compte pas. Elle n'a pas à choisir son mari, car c'est le groupe ou la famille qui le fera à sa place.
Refuser cela, c'est défier ses parents, offenser le groupe, c'est se renier soi-même d'autant plus que l'individu n'existe qu'à travers un groupe. Et c'est ainsi que plus de 70 mariages précoces ont été recensés dans les collèges de cette partie du Fouladou, renseigne Sémou Diao, président de l'Union départementale des Associations des parents d'élèves de Vélingara.

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