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Maroc: Alors que le marché boursier casablancais tangue, Diac Salaf aux premières loges


Libération (Casablanca)
 

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Libération (Casablanca)

28 Mai 2008
Publié sur le web le 28 Mai 2008

Abdelouahed Kidiss

En ces temps de forte volatilité boursière, il demeure difficile de prévoir une embellie après la consolidation des trois dernières séances. La Bourse de Casablanca tangue encore et donne l'impression d'être ce «machin» qui vogue tout seul. Même pour les boursicoteurs d'entre vous qui ont fait une bonne analyse de la configuration graphique ou fondamentale, il n'est jamais certain de voir où va exactement le marché boursier casablancais, et encore moins de gagner de l'argent. Seul le happy few des initiés peut faire et défaire la corbeille.

Pour la journée d'hier, rien n'est venu bousculer la routine d'un marché, sans tendance et sans consistance, depuis quelque temps déjà. A l'heure où nous écrivions ces lignes, le Masi, l'indice général de la Place, s'enfonçait davantage dans le rouge, cédant 1%, à 14.236 points, réduisant ainsi sa performance yer to date à 12,14%.

Cela dit, les regards des boursicoteurs et autres traders sont désormais rivés sur la valeur Diac Salaf. La vieille société de financement -sinon la doyenne si on exclut Eqdom- est à la croisée des chemins. Après les rumeurs, puis la suspension de la cotation, le titre s'est traité à 176 DH. La séance du mardi, le titre Diac Salaf est réservé à la hausse, étant fortement demandé, alors que le flottant est vraiment dérisoire. A 176 DH, le titre est encore loin de son cours moyen au cours des six derniers mois, à 220 DH.

Depuis longtemps, les détenteurs du titre Diac Salaf tiraient la langue, souffrant des énormes pertes subies. Il faut vraiment que le titre franchisse la barre des 300 DH pour qu'il puisse être en ligne avec les attentes du marché. D'aucuns se demandent pourquoi Diac Salaf suscite subitement un tel intérêt, alors qu'il était dans une léthargie atypique.

Cela a une explication -pas suffisante, certes- mais suffisamment orchestrée pour booster le cours du titre vers de nouveaux sommets. Si le titre vient juste de se réveiller -et qu'il n'était pas à une telle poussée de fièvre, il y a une semaine et même un an, en dépit des rumeurs insistantes depuis belle lurette sur un éventuel adossement à un grand acteur européen- c'est qu'aujourd'hui Diac Salaf est en «négociation avancée» avec un partenaire de gros calibre. Le CDVM, sur la base de ces rumeurs, a dû intervenir pour suspendre la cotation du titre et exiger des principaux actionnaires la publication d'informations exactes. Chose faite par la société pour que l'autorité de marché autorise la cotation. De source proche du CDVM, on signale que Diac Salaf a déposé une demande d'autorisation auprès de Bank Al-Maghrib et que les actionnaires fondateurs de la société, confirmant par là les rumeurs de rapprochement, ont pris l'engagement d'informer le marché des évolutions et de l'issue des négociations avec l'investisseur étranger.

Rien n'est sûr pour ainsi dire, tant que le communiqué adressé au CDVM n'a pas été rendu public. Par conséquent, le marché ignore la nationalité et la qualitéé du -ou des- partenaires éventuels. La presse continue à jubiler, mais reste dans l'ignorance totale, la société Diac Salaf restant aux abonnés absents. Pas d'éléments d'informations sur la nature de l'opération (s'agit-il d'une vente pure et simple, d'une joint-venture ou d'une prise de participation dans le capital?). Pour l'heure, en attendant des précisions, la valeur restera suivie de près.

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Mais, comme il y a un mais, on a l'impression -pas la certitude- que la classe des anciens actionnaires, faute de projet d'expansion ou de croissance externe, a choisi le chemin facile, en cédant leur patrimoine. On pourrait penser que Abdelkrim Bencherki, président de Diac Salaf, est ravi de cette sortie par le haut que son groupe attendait depuis longtemps. On sait, en revanche, que le Groupe Diac a des ambitions, même si sa filiale du crédit à la consommation pâtit de la forte concurrence, voyant ses parts de marché se rétrécir comme une baudruche et sa profitabilité en berne.



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