B.M
2 Juin 2008
La sortie des Lions lors de la conférence de presse d'avant match a provoqué une vive émotion au sein de l'opinion.
La conférence de presse qui devait précéder le match Cameroun-Cap-Vert n'a pas eu lieu. Programmé vendredi dernier, l'échange des Lions indomptables avec la presse nationale et internationale a tourné au fiasco. Otto Pfister, le sélectionneur, Rigobert Song, le capitaine, Idriss Carlos Kameni, gardien de but, Thomas Nkono, entraîneur chargé des gardiens de but et Samuel Eto'o, vice capitaine des Lions, avaient rendez-vous avec les journalistes.
Après l'introduction de la conférence de presse par le responsable presse de la Fécafoot, Steve Djouguela, journaliste à l'hebdomadaire Ndamba, a pris la parole «au nom de ses confrères» pour dénoncer «les mauvaises conditions» dans lesquelles travaille la presse depuis l'entrée en stage de la sélection. Le porte-parole occasionnel constate que les joueurs refusent les interviews après les séances d'entraînement. Situation «regrettable» qui emmène donc la «presse à boycotter ladite conférence de presse». A la fin de son discours, l'orateur souhaite «bonne chance aux Lions»...
Un à un, les journalistes commencent à quitter la salle. Les Lions visiblement sidérés, restent sans voix. Samuel Eto'o se dirige alors vers Boney Philippe, journaliste en service à Radio Siantou qu'il rattrape à la sortie de la salle et lui met un coup de tête. Rigobert Song tente de s'interposer entre les deux protagonistes. Rien n'y fait. Quelques éléments de la garde rapprochée du footballeur, constituée essentiellement de gros bras, entrent en action. S'ensuit alors un début de bagarre.
Les cameramen de STV et de New TV veulent filmer le fait divers. Kameni et Thomas Nkono s'interposent, arrachent et confisquent le matériel de travail des reporters. Cris et insultes pleuvent dans la salle. Confusion générale. Boney Philippe s'en tire avec des blessures. Vive émotion à l'hôtel Hilton, lieu de l'incident. Les joueurs se retirent et au cours d'une réunion dans la soirée, prennent la décision de ne «plus parler à la presse camerounaise jusqu'à nouvel avis.»
Ils demandent à la Fécafoot de ne plus autoriser la présence des journalistes à la main courante. Samedi matin, le ministre des Sports et de l'Education physique, dans un message, appelle à « l'apaisement », attitude que prône également l'Association des footballeurs camerounais (AFC). Le Comité national olympique et sportif, lui, appellera à « l'apaisement et la tolérance ». L'Association des journalistes sportifs camerounais a «dénoncé et condamné l'acte de Samuel Eto'o». Une réunion de crise est prévue cet après-midi. Le MINSEP convie les Lions et la presse à un dialogue.
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