Le Potentiel (Kinshasa)

Kenya: Le président Kibaki refuse d'amnistier les auteurs de la violence post-électorale au Kenya

Kinshasa — A l'occasion du 45ème anniversaire du Kenya, le président Mwaï Kibaki a, dans un discours adressé à la nation le dimanche 1er juin 2008 , durci le ton à l'égard des responsables des violences post-électorales, refusant de leur accorder une amnistie.

Le président kényan, Mwai Kibaki, exclut une amnistie générale pour les auteurs de la violence post électorale qui a déchiré ce pays de l'Afrique de l'Est suite à un scrutin présidentiel très controversé.

Dans un discours à la nation lors des festivités marquant le 45ème anniversaire d'indépendance du Kenya, Kibaki a, selon l'agence Pana,déclaré que son gouvernement n'allait pas autoriser l'amnistie, estimant que les responsables des troubles meurtriers doivent faire face à la pleine rigueur de la loi.

Cette décision ajoute une nouvelle dimension au débat qui fait rage puisqu'elle semble diviser en deux le gouvernement de coalition. Les partisans du camp du Premier ministre Raila Odinga demandent la libération sans condition des suspects qui, selon eux, sont des jeunes qui manifestaient contre les élections truquées. La violence a été provoquée par le scrutin présidentiel du 27 décembre 2007 qui a vu Kibaki et le candidat et chef de file de l'opposition d'alors, Raila Odinga, revendiquer la victoire.

La violence qui s'en est suivie a entraîné la mort de 1200 personnes et fait 350.000 déplacés. La situation a changé depuis lors avec la formation d'un gouvernement de coalition sous l'égide de l'Union africaine (UA), avec comme Premier ministre Odinga.

UNE PAIX TRES FRAGILE

Mais les membres du Mouvement démocratique Orange (ODM) sous la houlette d'Odinga continuent d'affirmer que des milliers de partisans innocents du Mouvement (qui était à l'époque dans l'opposition) ont été arrêtés.

Ceux qui réclament la libération des personnes présumées arrêtées ont demandé à la police de les traduire en justice ou de les libérer sans condition au lieu de les garder en détention pendant des mois, violant leurs droits élémentaires.

Toutefois, les dirigeants du camp du président Kibaki, dont le ministre de l'Intérieur George Saitoti, estiment que les présumés coupables doivent faire face à la rigueur de la loi quelles que soient les circonstances.

Se joignant au débat, le président a déclaré dimanche : «Le gouvernement ne va pas ménager les organisateurs de bandes armées qui ont provoqué les troubles. Néanmoins, ceux qui ont pris part aux actes de violence gratuite en se livrant au meurtre stupide d'innocents citoyens, de destruction de biens ou de viol vont faire face à la pleine rigueur de la loi». Comme on peut le constater, la question de l'amnistie à accorder aux membres de l'ODM risquera fort de compromettre une paix qui est encore très fragile au Kenya après plusieurs efforts de médiation africaine et internationale.


Copyright © 2008 Le Potentiel. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire — ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 130 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations d' AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

Comments Post a comment