Wal Fadjri (Dakar)

Sénégal: Journée mondiale de l'environnement - Sénégalais et Gambiens se mobilisent pour lutter contre la désertification

L'action de l'homme sur l'écosystème et les feux de brousse sont deux phénomènes qui menacent sérieusement la forêt dans la nouvelle région de Sédhiou. Ainsi, pour protéger l'environnement contre les différentes agressions dont il fait l'objet tous les jours, les populations vivant le long de la frontière entre le Sénégal et la Gambie ont décidé d'unir leur force. Selon elles, le mal ne saurait être éradiqué dans cette zone sans l'implication des deux pays.

L'abatage clandestin et à grande échelle du couvert végétal menace sérieusement la forêt dans la région de Sédhiou, notamment dans sa partie nord située dans l'arrondissement de Bounkiling, vers la frontière entre le Sénégal et la Gambie. Ce phénomène préjudiciable à l'équilibre de l'écosystème est devenu inquiétant ces dernières années dans cette zone frontalière, où la vente de bois est devenu une activité professionnelle.

La forêt, abattue à l'aide de tronçonneuses, et la plupart du temps par des étrangers avec la complicité des populations autochtones, témoigne de l'ampleur du phénomène.

C'est pourquoi, conscientes du fait que la lutte contre l'exploitation abusive de la forêt ne peut se faire sans l'implication de la Gambie, les populations du Kabada-Dator dans la communauté rurale de Ndiamacouta ont engagé depuis le début mois de mai, avec leurs voisins gambiens, une vaste campagne de sensibilisation sur les dangers liés à la déforestation. C'est d'ailleurs dans ce contexte qu'a été célébrée hier, jeudi la Journée mondiale de l'environnement, sur initiative du guide religieux de Diallokunda, El Hadji Mamadou Diallo.

Selon le marabout opérateur économique, il faut que les populations prennent conscience des dangers que représente le phénomène de la dégradation de l'environnement. 'Nous savons que nous serons les premiers à ressentir les conséquences de la destruction de cette forêt. Si l'écosystème est perturbé, il n'y aura plus d'eau en quantité suffisante et les hommes que nous sommes et les autres êtres vivants vont en pâtir. Les productions agricoles vont par conséquent chuter.

Ce qui représente une réelle menace pour les populations de la localité et du pays tout entier', scande haut et fort El Hadji Mamadou Diallo. A l'en croire, il faut que toutes les populations du Kabada-Dator et celles des localités voisines de la République de Gambie s'impliquent activement dans ce combat qui doit être aujourd'hui une priorité pour tout le monde. 'J'ai la forte conviction que si chacun de nous est suffisamment sensibilisé sur ce phénomène, nous n'aurons même plus besoin de l'appui des autorités étatiques pour protéger notre forêt', soutient le guide religieux.

Lui emboîtant le pas, le commandant Gora Diop inspecteur du service régional des Eaux et Forêts de Kolda souligne que, 'protéger l'environnement est un devoir pour tous les citoyens. Et le Sénégal aujourd'hui ne peut pas mener seul ce combat en ignorant la Gambie, d'autant plus qu'on ne peut pas faire la différence entre les populations qui sont dans cette zone et qui vivent de part et d'autre de la frontière.

Donc les Sénégalais et les Gambiens doivent installer un dialogue permanent pour faciliter la protection de la forêt qui est un impératif'. Le patron des Eaux et Forêts dans la région du Fouladou, ajoute que, 'le seul moyen efficace pour lutter contre la destruction massive de la forêt demeure l'implication des populations qui doivent prendre conscience des dangers de ce phénomène'.

Les feux de brousse : Un phénomène dévastateur

En 2005, une étude de l'Institut des sciences et de l'environnement a placé le département de Sédhiou en peloton de tête des zones du Sénégal les plus dévastées par les feux de brousse. Un phénomène également imputable à l'action de l'homme sur l'écosystème. Les récolteurs de miel, les chasseurs, les fumeurs et même certains paysans, qui se servent du feu pour prétendument enrichir le sol, sont le plus souvent à l'origine de nombreuses catastrophes.

Malgré l'engagement des autorités des Eaux et Forêts, qui ont établi un dialogue permanent avec les populations à travers des séances de sensibilisation axées sur les conséquences des feux de brousse sur la nature, l'ampleur du phénomène demeure entière. Pour le chef de service départemental des Eaux et Forêts, le commandant Lansana Seydi, 'il faut davantage mettre l'accent sur la sensibilisation en direction de tous les acteurs de la communauté. Car selon lui, le feu le plus facile à éteindre est celui qui n'a jamais été allumé'.

Le commandant Seydi ne manque également pas de faire état du manque de moyens auquel sont confrontés ses services.

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