Editorial
7 Juin 2008
Ce sont les principaux freins au développement du commerce électronique au Maroc. Ce constat a sanctionné le premier séminaire sur le e-commerce qui s'est tenu, jeudi 22 mai à Casablanca. Il s'agit, en effet, d'une rencontre concentrée sur l'évaluation du développement du commerce électronique au Maroc, de sa situation actuelle mais aussi de se pencher sur les diverses entraves qui freinent le développement de ce mode de commerce.
Objectif: offrir au e-commerce une place de choix dans les transactions commerciales. Cet évènement a été marqué par la participation du ministère de l'Industrie et du Commerce, le directeur des Opérations monétaires et des Changes de Bank Al-Maghrib et d'autres acteurs publics et privés opérant dans le domaine de la télécommunication et du commerce électronique, notamment l'Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT). Le représentant du ministère du Commerce a précisé que le Maroc occupe la première place dans le domaine du commerce électronique au niveau africain.
Une situation encourageante, certes, mais qui nécessite plus de développement. Ce positionnement est en relation avec la libéralisation du secteur de la téléphonie mobile, qui a atteint 67% au 1er trimestre 2008. Pour sa part, le segment de la téléphonie fixe a enregistré plus de 2700 abonnés. Pour encourager le e-commerce, le ministère de l'Industrie, du Commerce et des Nouvelles technologies a mis en place une stratégie de sécurité des systèmes d'information à travers un plan d'action prioritaire à court terme pour la période 2008-2009.
L'intervention de Bank Al-Maghrib n'a pas été non plus moins importante. Le gendarme des banques joue un rôle fondamental de manière incontournable au contrôle des systèmes de paiement en ligne. Dans ce cadre, le conseil national des systèmes de paiement a été créé. Dispositif à même de faciliter la supervision des paiements électroniques.
Cet organe veille à la coordination entre les différents acteurs afin de collaborer à la stabilité du marché financier. Il faut préciser que la mission principale de la Banque centrale consiste à garantir la sécurité des moyens de paiements, à travers une surveillance pratique, basée sur un mécanisme d'autoprotection, afin de faire face aux risques de défaillance.
Pour cela, des réformes ont été mises en place afin de donner une nouvelle définition au commerce électronique, avec la consolidation du régime répressif de lutte contre la fraude. Des efforts qui visent en premier lieu la consolidation de la confiance dans le commerce électronique. De son côté, l'ANRT a mis en avant la situation actuelle du e-commerce au Maroc.
Une participation modeste dans le PIB atteignant à peine 10%. Dans ce contexte, 8.4% des entreprises marocaines opèrent des actions d'échanges en ligne, ce qui reste insuffisant, selon l'ANRT.
Le commerce électronique est actuellement une option très utilisée au niveau international, mais qui fait ses premiers pas encore au Maroc. Une situation qui nécessite plus de confiance des utilisateurs pour la développer dans un monde qui parle de plus en plus lelangage de la technologie électronique.
Il faut retenir que « le commerce électronique se porte mal au Maroc ». Le constat est terrible d'autant plus qu'il est fait par le secrétaire général du ministère de l'Industrie et du Commerce Taib Debbagh lors de son intervention dans ce même séminaire organisé par l'hebdomadaire « Le Reporter»
Les quelque vingt sites marchands marocains actuellement actifs sur le net (contre 360 en Tunisie et 36.000 en France) en est d'ailleurs l'illustration parfaite. A cela s'ajoute évidemment le faible taux de transaction en ligne chez les détenteurs de carte de crédit.
A noter que ce séminaire a été organisé par l'hebdomadaire Le Reporter en partenariat avec le ministère et a rassemblé plusieurs acteurs de l'industrie des transactions en ligne du pays pour se clôturer sur huit recommandations.
Elles portent essentiellement sur le développement de ce secteur important en ciblant les secteurs marchands, tels le tourisme, l'artisanat, le transport aérien, les grands facturiers et les magasins d'équipement.
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