Mohamed Kadimi
7 Juin 2008
L'e-commerce fait ses premiers pas au Maroc. Si les principaux acteurs de cette activité revendiquent une plateforme technologique sécurisée et une législation aux normes internationales, les usagers ne sont pas de ce point de vue.
Le consommateur marocain ne fait pas encore confiance au paiement électronique et à l'achat par Internet.
Question de mentalité ou mode de consommation, il demeure très attaché au paiement par chèque ou cash.N'empêche que ce n'est pas le consommateur qui assume cette situation.
Il suffit de savoir que le Maroc ne compte que 20 sites marchands contre 360 en Tunisie et 36.000 en France. Ce qui en dit long sur les efforts déployés en la matière.
Curieusement, des entreprises exerçant dans cette branche d'activité ont pu, non seulement émerger au Maroc, mais s'imposer à l'étranger. Elles ont réussi à s'implanter en Asie, en Amérique, en Europe et en Afrique.
Ces mêmes entreprises réalisent l'essentiel de leur chiffre d'affaires annuel dans les économies émergentes des pays asiatiques et au Golfe.
Il paraît donc que le problème n'est pas essentiellement d'ordre technologique. Les acteurs de ce secteur estiment que même s'il reste beaucoup à faire au niveau de la législation, c'est surtout en matière d'offre et de contenu que le déficit est fortement ressenti.
Le règlement des transactions par paiement électronique étant relativement sécurisé, c'est le déficit en sites marchands qui se pose avec acuité.
Les professionnels évoquent aussi les problèmes de la logistique et du marketing sur Internet.
Il ne suffit pas de lancer des sites de commerce sur Internet, encore faut-il disposer d'une logistique sophistiquée pour acheminer les produits et articles objet des transactions commerciales et de mener des opérations marketing de pointe surInternet qui n'a rien à voir avec les techniques de vente classiques. Il faut dire aussi que la publicité sur Internet est une des fonctions essentielles du commerce électronique. Entre professionnels, la publicité s'organise au moyen de contrats qui visent à assurer la visibilité des sites marchands.
Mais, vis-à-vis du consommateur, elle passe par des techniques plus ou moins agressives sur les sites web, par le biais de bandeaux, de liens commerciaux appelés par le moteur de recherche, d'info bulles diverses, mais aussi de messages électroniques envoyés sous forme de spams ou «pourriels».
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