Tshieke Bukasa
9 Juin 2008
En marge de la visite de travail effectuée du 7 au 8 juin en RD Congo, la délégation des représentants des 15 membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies (Onu), conduite par le Représentant permanent de la France près l'Onu, Jean-Maurice Ripert, a tenu un point de presse le week-end dernier au Grand Hôtel Kinshasa. L'ambassadeur Ripert a indiqué qu'à l'occasion de cette 9ème visite en terre congolaise, la délégation a eu un programme chargé d'entretiens politiques avec le Premier ministre Gizenga et plusieurs membres du gouvernement autour de plusieurs sujets dont la reconstruction, l'établissement d'un Etat de droit, les projets du gouvernement en matière législative, économique, sociale et la condition de la femme.
Par ailleurs, elle a rencontré le Président de la République et les 2 présidents du parlement. Avec le chef de l'Etat, la séance a porté sur les principales préoccupations du Conseil de sécurité dont le rôle positif de la mission onusienne en RDC. Selon Jean-Maurice Ripert, Joseph Kabila a exprimé sa satisfaction et fait part de son espoir de voir la Monuc s'occuper progressivement moins de sécurité mais davantage de développement et des questions sociales. Ce qui traduirait la conclusion et le rétablissement de la paix sur l'ensemble du territoire.
En réponse à ce desideratum, Ripert a souligné que le problème essentiel et la réalité sur terrain restent le rétablissement de la sécurité. Concernant les questions humanitaires, le Chef de l'Etat congolais a dénoncé le climat de violence dans l'Est contre des personnes vulnérables, dont des femmes et des enfants.
D'autres sujets liés au processus de réconciliation politique (la conférence de Goma), à l'entente avec les pays voisins (Ouganda et Rwanda) et à la nécessité de parvenir au programme de désarmement des milices et groupes armés et leur réinsertion, ont été au coeur de l'entrevue. Pour ce qui est de la justice, l'ambassadeur onusien a indiqué que Joseph Kabila a réitéré son attachement à la justice internationale, car « la justice et la réconciliation vont de pair ».
Avec les présidents du Parlement les membres du Conseil de sécurité ont été « impressionnés par la quantité des sujets qui ont été couverts parmi lesquels les lois sur l'amnistie, la décentralisation, les élections locales » , avant d'insister sur la nécessité de tenir rapidement les élections locales qui permettront de traduire dans le fait la refondation de l'Etat.
Le Premier ministre et quelques ministres, dont ceux de la Défense, de l'Intérieur, des Affaires étrangères, du Genre ont évoqué avec la délégation des Nations Unies, le programme de travail du gouvernement, les 5 chantiers de la Nation, les besoins en matière de défense, les réformes des secteurs de la police, de l'armée et de la justice.
Affaire Bemba : le Conseil de sécurité incompétent
A la suite des propos de l'ambassadeur Ripert, les journalistes ont cherché à s'informer sur la particularité de cet énième voyage et le cas du sénateur Bemba. Sur le premier point, l'émissaire de Ban ki-Moon a indiqué que « nous vivons, depuis l'année dernière, un contexte nouveau caractérisé par un passage de la parole aux actes, soutenu par un travail législatif, le rétablissement des relations- même si elles ne sont pas encore diplomatiques - avec le Rwanda, l'exigence aux Fdlr de désarmer Bref, les choses avancent et nous sommes venus constater et discuter sur le suivi des accords et des mesures ».
Concernant le cas Bemba, le « Conseil de sécurité n'a pas compétence, et n'a aucune intention d'interférer dans le travail de la Cour pénale internationale. La CPI est une instance internationale indépendante. Le procureur est responsable de ce qu'il fait. Les droits de la défense seront, évidemment, respectés », a martelé JM Ripert. Il a ajouté que « nous ne pouvons pas intervenir. Je crois qu'en revanche, je vous l'ai dit, nous sommes tombés d'accord avec le président Kabila pour dire que la justice et la réconciliation nationale ne s'excluent pas. Et, vous savez, le Conseil de Sécurité a pris très clairement position en faveur de la politique de la lutte cotre l'impunité en RDC, comme ailleurs ».
A propos des Fdlr rwandais présents en RDC depuis plus de 14 ans, l'ambassadeur onusien a rappelé que le Conseil de sécurité a voté une résolution, il y a peu, exigeant le démantèlement, l'arrêt des violences et le désarmement des milices, et leur réinsertion dans le processus démocratique. Pour cela, il soutiendra les initiatives du président congolais, en liaison avec le bureau du Représentant spécial du SG de l'Onu en RDC.
Après l'étape de Kinshasa, la délégation s'est rendue à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, où se trouvent concentrés plus de 90% des effectifs de la Monuc. C'était pour exprimer son soutien aux populations de cette partie du pays, victimes des conflits armés depuis 1996 ainsi qu'aux organisations humanitaires, confrontées aujourd'hui à plus d'un million de déplacés.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2008 Le Phare. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.