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Maroc: Dar Attaliba de Safi
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Libération (Casablanca)
13 Juin 2008
Publié sur le web le 13 Juin 2008
Abdelkrim Mouhoub
80 filles auront la chance de poursuivre leurs études
En 1998, se constituait à Safi une association d'un type nouveau. Sa finalité était déjà inscrite dans son appellation : « Pour une université à Safi ». Proches, peu ou prou de l'enseignement, les initiateurs de cette ONG partaient d'un constat plus qu'alarmant de la situation locale de Safi.
Effectivement, avec une école supérieure de technologie, le tissu universitaire à Safi, chef-lieu de la Région Doukkala-Abda depuis 1999 et capitale de la Province de Safi, terroir qui abrite une douzaine de lycées avec des crus annuels de 2000 nouveaux bacheliers, toutes séries confondues, n'était plus en mesure de répondre aux différentes attentes.
Ainsi, après quelques années de mobilisation consécutive à une sensibilisation raisonnée, l'année 2003 a été la bonne. Une faculté poly-disciplinaire et une école d'ingénieurs (ENSA) ouvraient leurs portes.
Au sein de l'association, l'on considérait que la tâche était quasiment accomplie. Certes il demeurait l'indépendance de l'université de Safi puisque les 3 structures de la ville relèvent toujours de l'Université de Marrakech. Néanmoins, c'est une question de temps, de maturité et de volonté politique en haut lieu.
Que nenni ! Les associatifs de « Pour une université à Safi » se sont trouvés confrontés à une autre réalité, un autre défi qui revêt un caractère plus social qu'académique : les conditions de vie des étudiants universitaires à Safi.
D'après un responsable de l'association, en l'occurrence Dr. Saïd Laqabi : «Notre diagnostic partait d'une logique simple : viser la catégorie la plus vulnérable et c'étaient les filles issues du milieu rural et de familles pauvres. Toutefois, comme préalable à toute aide, elles doivent avoir un bon potentiel pour les études; c'est d'ailleurs cet aspect que nous voulons soutenir : aider les filles pauvres à s'en sortir par une méritocratie basée sur l'effort. »
L'idée de Dar Attaliba était née. Mais de l'idée au bâtiment, il y a pas mal d'étapes à franchir. Heureusement, de la persévérance et un bon projet ne peuvent qu'aboutir.
Les bénévoles de l'association commencèrent d'abord à chercher un terrain appartenant à une collectivité quelconque; puis obtenir l'autorisation de construire Cela finit par une réalité imperméable à ce remake safiot de « I have a dream». Il n'y avait pas de « oui » franc pour le terrain mais un non à la marocaine, sournois et poli. Ballotés de conseil en conseil, les membres de l'association se sentaient comme une balle de tennis en perpétuelle navette et sans « net ».
Miraculeusement, c'est du monde de la petite balle que surgit l'Euréka. En effet, c'est grâce à Si Mohamed M'jid et au cours d'une conversation ordinaire que le conseil rebondit et le bon pour cette fois. Des classes d'une école désaffectée il y en avait, avec les mutations démographiques des quartiers : il suffisait d'y penser ! La quête de la « bonne école » commença, et fut fructueuse. Et là, il faut rendre hommage à un ancien délégué de l'Education nationale à Safi, M. H. Abida qui a déniché l'oiseau rare, en dépit de plusieurs animateurs malintentionnés de miroir aux alouettes : une annexe de l'école Sidi Bouzid à Safi composée de 5 classes, clôturée et proche des 2 nouvelles structures universitaires. Ensuite, il est honnête de rendre hommage à l'Initiative nationale pour le développement humain (INDH) au niveau de la province de Safi qui a apprécié le projet d'aménagement d'une résidence universitaire, alias Dar Attaliba, à Safi en lui débloquant les crédits nécessaires.
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Les choses prirent un coup d'accélérateur avec la signature d'une convention de partenariat multipartite entre la wilaya en la personne de Larbi Sebari, l'AREF Doukkala-Abda avec son directeur Mohamed El Maazouz, le délégué du MEN à Safi M. Brahim Jouhari et le président de l'Association «Pour une université à Safi ». Actuellement, le gros des travaux est presque achevé. La phase équipement est en cours avec des sollicitations à l'adresse d'entreprises citoyennes comme l'OCP et des ONG amies comme Hawd Assafi et le Rotary Club de Safi. Même les conseils municipal et provincial sont prêts à prendre en charge une partie des frais qui seront occasionnés par l'accueil, à partir d'octobre 2008, de 80 étudiantes selon les critères de sélection déjà cités. Des pourcentages seront réservés aux handicapées et aux étudiantes étrangères (africaines). On parle même déjà d'une 2ème tranche pour augmenter la capacité.
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