L'Observateur Paalga (Ouagadougou)

Afrique: Maladies du rein

Adama Ouédraogo Damiss

17 Juin 2008


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La santé, dit-on, n'a pas de prix, mais elle a, hélas, un coût, parfois exorbitant, qui éreinte, sans jeu de mots, les patients. Casimir Kaboré fait la dialyse deux fois par semaine depuis 4 ans. Si l'on s'amuse à faire un petit calcul (52 semaines x 2 x4 ans x 2 fois x 71 785 FCFA), on obtient, sauf erreur, la bagatelle de 29 862 560 FCFA. Pour un instituteur, c'est une fortune.

Ils sont de ce fait nombreux, les malades sous dialyse à être confrontés à ce défi financier pour la survie. « Si l'on doit s'occuper de sa famille, surtout dans ce contexte de vie chère, et être contraint de débourser 143 570 FCFA par semaine, soit le salaire d'un cadre de la fonction publique burkinabé, la vie finit par être dégoûtante », lâche un patient au bord du découragement.

A les écouter, on sent cependant en eux des hommes et des femmes déterminés à se battre contre une mort certaine pour peu qu'ils ne bénéficient pas de dialyse, faute d'argent. Et pourtant, ils manquent énormément de moyen à beaucoup d'entre eux, qui avouent qu'ils doivent des millions à l'hôpital Yalgado-Ouédraogo.

C'est pourquoi l'Association des dialysés et insuffisants rénaux (ABUDIR), dans ses objectifs, a inscrit en bonne place un plaidoyer en direction des autorités pour l'installation et la décentralisation d'équipements adéquats et la dotation permanente de consommables afin d'éviter qu'en plus du coût élevé les malades soient obligés de parcourir de longues distances pour être confrontés à une rupture de produits.

Si l'hôpital Souro-Sanon de Bobo-Dioulasso avait un centre de dialyse, Assita Fofana, célibataire sans enfant, ne serait pas obligée, elle, de vivre à Ouagadougou. Commerçante de son état, elle a eu des Å"dèmes au cours d'un de ses voyages sur Bamako pour des achats de marchandises.

De retour à Sya, le médecin traitant lui signifia qu'elle souffrait d'insuffisance rénale. Et depuis 2005, elle est sous dialyse 2 fois par semaine. Ne pouvant pas emprunter l'axe Bobo-Ouaga pour son traitement à tout moment, elle a finalement délocalisé son activité commerciale dans la capitale, chose qui a rogné énormément son chiffre d'affaires.

Gérard Ouédraogo, élève, lui, vivait avec son frère instituteur à Ouahigouya, qu'il a dû quitter pour s'installer chez un autre à Ouaga afin de suivre son traitement en néphro à Yalgado. C'est donc un véritable parcours du combattant que les uns et les autres ont fait avant de découvrir leur insuffisance rénale. Et depuis, c'est toujours la croix et la bannière pour se soigner, sans qu'ils sachent véritablement quand ce calvaire prendra fin. Pour éviter cette maladie, le docteur Couldiaty conseille les mesures générales suivantes :

une bonne hygiène de vie pour éviter les infections ;

avoir une alimentation saine ;

se protéger contre le froid ;

lutter contre l'automédication surtout par les médicaments de la rue ;

faire attention à certains produits traditionnels, qui peuvent avoir des effets sur le rein.

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