Libération (Casablanca)

Maroc: Le Maroc produira prochainement 10 % de la demande mondiale de caméras de téléphone mobile

Mouhcine Abou Nada

17 Juin 2008


La compagnie américaine Tessera Technologies compte monter prochainement au Maroc une unité industrielle d'une capacité de production de 100 millions de caméras de téléphone mobile.

L'annonce a été faite par Bruce Mcwilliams, PDGde la compagnie, un des principaux fournisseurs des technologies de miniaturisation pour l'industrie électronique mondiale lors de la cérémonie de remise de diplômes à la onzième promotion de l'Université Al Akhawayn.

"Nous travaillons actuellement à créer une nouvelle entreprise au Maroc, Nemotek Technology, qui sera capable de produire 100 millions de caméras de téléphone mobile, soit 10% de la demande mondiale", a précisé M. Mcwilliams sans toutefois donner de précisons sur les dates de réalisation du projet et le volume des investissements qui en découle.

Se déclarant «satisfait»du niveau des ingénieurs marocains, il a relevé que les ingénieurs engagés par la société ont prouvé «qu'ils sont mieux qualifiés que beaucoup parmi ceux avec qui on a travaillé en Asie ".

"Le Maroc est extrêmement bien positionné pour accroître son économie rapidement", s'est-il réjoui, mettant l'accent sur la position stratégique du Maroc par rapport à l'Europe et l'Amérique du Nord. Après avoir rappelé les accords de libre-échange conclus avec plusieurs pays, il s'est félicité des atouts dont dispose le Royaume notamment un coût de vie compétitif par rapport à d'autres économies émergentes. Il a, par ailleurs, souligné l'importance de la formation dans le développement économique, rappelant que les pays qui ont réalisé une croissance économique rapide tels le Japon, la Corée du Sud et Singapour ont «bâti leurs économies en créant des projets créateurs d'emploi».

Durant les 50 dernières années, plusieurs pays dans le monde ont réussi une croissance économique fulgurante tels le Japon et l'Allemagne qui se sont vus renaître de leurs cendres après la guerre pour bâtir des économies mondiales, notant que plusieurs ne disposent pas de ressources naturelles vastes.

Et de souligner que plusieurs parmi ces pays aux ressources naturelles vastes sont relégués bien derrière ces pays quant à l'indice du développement économique, relevant que les pays émergents ont bâti leurs économies en créant des affaires créatrices d'emploi pour tout le monde.

Pour le wali de Bank Al Maghrib Abdellatif Jouahri, l'université qui a décidé d'accompagner le gouvernement dans sa stratégie de formation de 10.000 ingénieurs à l'horizon 2010, ambitionne d'apporter des «contributions de qualité en se focalisant, en priorité, sur les formations pour lesquelles elle dispose d'un avantage comparatif avéré». Abondant dans le même sens, il a rappelé que l'université avait lancé deux nouvelles filières en ingénierie, l'une en collaboration avec une université américaine et l'autre avec une grande école d'ingénieurs en France.

Il a affirmé que l'Université a également noué des partenariats avec les Universités de Fès et Meknès et la Caisse de Dépôt et de Gestion dans le cadre du projet "MASCIR" (Association marocaine pour la recherche et l'innovation scientifiques), qui vise à doter le Maroc d'une infrastructure de haut niveau dans certaines technologies de pointe. Revenant sur la politique de coopération nationale et internationale, le chancelier de l'Université Al Akhawayn a qualifié de «probants» les résultats réalisés, faisant savoir qu'environ un quart des étudiants participent régulièrement à des programmes d'échange qui leur permettent d'accéder à de prestigieuses universités et écoles établies aux Etats-Unis, en Europe et en Asie.

Abordant le plan stratégique quinquennal 2004-2009 de l'Université, il a rappelé qu'il a fait l'objet d'un recentrage dans certains de ses choix, en vue de "mieux les adapter aux mutations rapides et profondes que connaît notre environnement tant sur les plans économique, technologique, culturel que social". Le président de l'université, Rachid Belmokhtar, a annoncé une croissance des recherches sponsorisées de l'université pour atteindre "52 millions de DH en bourses externes dédiées à la recherche auprès des plus grandes entreprises au Maroc et à l'étranger". L'Université mène des recherches dans les domaines de la téléphonie mobile, le gouvernement électronique, l'éducation à base de technologie de l'information, les systèmes intégrés, le e-business, l'innovation numérique et les capteurs intelligents, selon M. Belmokhtar, qui souligne la détermination à aller de l'avant sur la voie de développement de nouvelles initiatives pour ramener les innovations technologiques au marché. Il a rappelé les partenariats conclus avec de grands établissements de par le monde tels GEORGIA tech, l'université technique de Munich et EM lyon, précisant que cette coopération va continuer à se renforcer à travers la recherche.

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