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Sénégal: L'hivernage s'installe à Fatick - Les abris provisoires s'effondrent, les élèves prennent le chemin des champs
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Wal Fadjri (Dakar)
20 Juin 2008
Publié sur le web le 20 Juin 2008
Bocar M. Dieng
Pour qui réaménage-t-on le calendrier scolaire pour rattraper le temps perdu avec les grèves interminables des enseignants de l'élémentaire ? En tout cas pas pour les élèves du monde rural. En effet, dès les premières pluies, les abris provisoires accueillant les élèves s'effondrent les uns après les autres, contraignant beaucoup de potaches à prendre le chemin des champs.
A moins d'une semaine du déroulement des examens du Cfee et de l'entrée en sixième prévus les 24 et 25 juin prochain, techniciens du ministère et syndicalistes enseignants ne sont toujours pas à même de proposer un plan de réaménagement du calendrier scolaire. Et c'est ainsi que les directeurs d'école continuent de défiler devant les inspections départementales pour savoir sur quel pied danser. Mais l'hivernage n'attend guère.
Il commence à s'installer. Deux pluies ont été déjà enregistrées à Fatick. Et ce sont les établissements scolaires ayant des abris provisoires construits avec des tiges de mil et de la paille, qui enregistrent les premiers dégâts, comme ce fut le cas à Ndoffane Mouride, à Roh, à Sandicoly, à Némanding (département de Foundiougne). 'Dès que le sol est mouillé, un abri construit avec de la paille et des tiges peut tomber à tout moment. C'est ainsi trop risqué de maintenir les élèves dans les abris provisoires', avertit un directeur d'école servant dans la communauté rurale de Tattaguine.
En tout cas, dans la zone de Patar Lia, les enseignants ne savent où mettre leurs élèves. 'Les deux abris qui logeaient les élèves de Cp et de CE1, se sont écroulés. Or, à l'heure actuelle, aucun parent n'a de temps à consacrer à la réparation de ces abris provisoires. Ils sont tous pris par les travaux champêtres', révèle M. Ndiaye. 'S'ils n'ont pas où étudier, qu'ils aillent aux champs', crache Ibrahima Sathie, un parent d'élève.
On se demande alors pour qui réaménage-t-on le calendrier ? En tout cas pas pour les élèves du monde rural. Avec ces quelques pluies enregistrées, beaucoup d'élèves ont pris le chemin des champs. 'Depuis le début de l'année, c'est la grève. Maintenant, nous avons besoin de nos enfants dans les champs. Nous sommes des paysans. Par conséquent, si l'hivernage s'installe, l'école n'a plus de sens', justifie M. Sathie.
Dans les écoles de Patar Lia, les enseignants constatent avec impuissance l'absence de leurs élèves. 'Depuis la pluie de lundi dernier, je n'ai pas en classe plus de vingt élèves sur les soixante-trois.
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Ils sont tous dans les champs. Je me demande s'ils viendront faire la composition du troisième trimestre, si toutefois elle se tient', s'inquiète Mme Faye, enseignante à Dioffior.
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