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Maroc: Compte à rebours et dernières comparutions ?


Libération (Casablanca)
 

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Libération (Casablanca)

20 Juin 2008
Publié sur le web le 20 Juin 2008

Narjis Rerhaye

C'est mardi prochain 24 juin que Mustapha Moatassim, le patron de Badil Al Hadari, et Maa El Ainine El Abada (du PJD) vont être entendus par le juge d'instruction Chentouf. La défense pourrait demander, après celles du ministre de l'Intérieur Chakib Benmoussa et celui de la Communication, Khalid Naciri, la convocation en tant que témoin du président du Conseil consultatif des droits de l'Homme, Ahmed Herrezni.

Ce dernier avait affirmé en direct de l'émission «Hiwar», le 11 mars dernier que celui-ci l'a bien contacté, en 2005, pour l'informer de projets terroristes en préparation. «M. Moatassim que je connais bien a pris attache avec moi pour m'informer qu'un ancien membre de la Chabiba Islamya l'a contacté pour le prévenir que des armes étaient entrées au Maroc et que des cibles terroristes étaient en train de se définir.

J'ai pour ma part contacté un ami, en relation avec les autorités pour le mettre au courant», a affirmé en substance cet homme de gauche longtemps proche du PSU et fervent défenseur d'un rapprochement de la gauche et des islamistes de «Badil Al Hadari»

Une première audition donc pour Moatassim donc le 24 juin depuis sa comparution devant ce même juge le 28 février dernier, en même temps que tous les prévenus en détention préventive dans le cadre du démantèlement du réseau «Belliraj. On s'en souvient, le juge d'instruction Chentouf avait procédé, dans la soirée de ce 28 février, les toutes premières auditions.

Une séance qui va durer 14 longues heures, alors que les familles, à l'extérieur de la cour d'appel de Salé, n'en finissaient pas de ronger leurs freins. Quelques heures auparavant, le procureur général avait officiellement inculpé les prévenus et demandé l'ouverture d'une instruction dans une affaire qui mêlerait, selon la version officielle et sécuritaire, terrorisme, extrémisme et grand banditisme.

Cette comparution du leader de «Badil Al Hadari» serait probablement l'une des dernières et l'instruction risque de boucler son dossier -jusque-là à charge en l'absence de la voix d'une défense toujours privée de documents- pour le présenter devant les juges de la Chambre criminelle de la cour d'appel.

Des chefs d'accusation graves et une instruction qui piétine

Face à une instruction qui piétine dans le secret d'un bureau de la cour d'appel de Salé -les six politiques refusent de répondre au juge d'instruction Chentouf tant que leur défense n'a pas obtenu copie du dossier d'accusation, un droit fondamental, selon le bâtonnier Abderrahim Jamaï- les politiques en détention ont observé, mardi 17 juin, une grève de la faim préventive de 24 heures. Dans un communiqué adressé à l'opinion publique, les six hommes expliquent les raisons qui ont motivé une telle décision.

Condamnés d'avance par les ministres de l'Intérieur et de la Communication dans des interviews mémorables accordées à Jeune Afrique et à Assabah, ils considèrent que le principe de la présomption d'innocence a été bien malmené. «Nous avons été condamnés par avance. Et les motifs d'accusation, nous les avons lus dans la presse. Notre détention et notre supposée implication dans le réseau Belliraj sont une énorme injustice», ont-ils écrit en substance depuis leurs cellules de la prison de Salé.

Les six politiques à qui la liberté provisoire vient d'être refusée ont, par cet acte, toute leur inquiétude face à un procès qui s'annonce, à leurs yeux, inéquitable. «Notre droit à un procès équitable est bafoué, autant que notre droit à la défense.

L'obstination du juge d'instruction Chentouf qui refuse de donner copie de notre dossier à nos avocats en témoigne à bien des égards», ont fait savoir MM. Mouatassim Ragala, Marouani Abada Maa Al Ainine, Sriti et Najibi. Dans un dossier de plus 3000 pages, les chefs d'accusation sont extrêmement graves et les prévenus sont poursuivis dans le cadre de la loi contre le terrorisme. «Nouus le savions à la minute même où le ministre a commencé à égrener les accusations au cours de sa conférence de presse.

Nous avions compris que les motifs d'inculpation seront lourds. Et effectivement ils le sont», rappelle le bâtonnier Abderrahim Jamaï, l'un des membres du collectif de défense de ceux qui ont été présentés par les sécuritaires comme l'aile politique d'un réseau terroriste à connotation jihadiste.

Les 38 membres présumés du réseau sont poursuivis, chacun en ce qui le concerne, pour «constitution de bande criminelle pour préparer et commettre des actes terroristes dans le cadre d'un projet collectif visant à porter atteinte à l'ordre public par la peur et la violence», «meurtres prémédités», «transport et détention illégale d'armes à feu et de munitions pour leur utilisation dans des projets terroristes», «falsification de documents officiels», «usurpation de fonction en vue d'exécuter des projets terroristes», «dons et collectes de fonds pour financer des projets terroristes», «blanchiment d'argent».

D'autres chefs d'inculpation viennent s'ajouter à cette déjà longue liste: appartenance à une association non reconnue ou encore participation à rassemblement non autorisée.

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Dans cette affaire, Motassim, Ragala et Merouani risquent la peine de mort.



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