Derrière les barreaux, la vie s'égrène certes au fil d'un temps marqué par les stigmates de l'incontournable et incessante lutte pour la survie. A telle enseigne que vivre et survivre en deviennent si inséparables que d'aucuns les utilisent comme de simples synonymes qui auraient perdu leur sens originel pour ne plus signifier qu'une seule chose : la souffrance. Une souffrance omniprésente, quotidienne et tellement pesante qu'elle en devient atrocement insupportable. Les prisons sont-elles conçues pour une finalité autre que de faire souffrir les détenus ? Certains le prétendent. D'autres pas. L'essentiel est que les règles qui y prévalent sont si dures qu'elles induisent des types de relations caractérisées par une certaine violence, si ce n'est une violence certaine.
« Barreaux entr'ouverts », l'ouvrage qui vient de paraître et qui sera présenté au public lundi à Rabat, en atteste.
S'inscrivant dans la suite logique des ateliers d'écriture et de photographie organisés en novembre et décembre 2007 à Salé et Casablanca avec la collaboration de coopérants venus spécialement de Belgique, ce livre décrit le quotidien des détenus et leur rend leur part d'humanité.
En faisant plonger le lecteur au coeur de l'univers carcéral, désobligeant miroir de notre quotidien, il appréhende, à travers quelques clichés et des phrases dont la simplicité n'a d'égale que les fautes d'orthographes volontairement laissées, la vie des prisonniers et le regard qu'ils portent les uns sur les autres ainsi que sur le monde extérieur.
De ces regards croisés émane une force que l'espoir a forgée. C'est à la fois émouvant et dur à supporter en ces temps où les geôles marocaines, dont la mauvaise réputation n'est plus à faire, ont défrayé la chronique.

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