Mohamed Sakhi
24 Juin 2008
Il est de notoriété publique que le Polisario ne cesse de faire commerce de la souffrance des habitants des camps de Tindouf et qu'il détourne allègrement l'aide humanitaire qui leur est destinée. Devant normalement parvenir jusqu'aux populations pour lesquelles elle constitue souvent l'unique moyen de survie, cette aide se trouve considérablement réduite en raison des détournements effectués par les dirigeants et cadres séparatistes ainsi que par une mafia dont l'enrichissement n'a d'égal que le dénuement dans lequel nos compatriotes séquestrés en terre algérienne sont maintenus contre leur gré.
Il est également de notoriété publique que le Maroc saisit toutes les occasions et opportunités pour dénoncer cet état de fait et attirer l'attention sur cette situation.
L'ambassadeur chef de la mission du Maroc auprès des communautés européennes, Menouar Alem, vient dans ce cadre d'interpeller les responsables de l'organisme européen en charge de l'aide humanitaire (ECHO) sur l'utilisation et la véritable destination de l'aide communautaire octroyée aux populations.
Lors d'un entretien, vendredi, avec le directeur de cet organisme, Peter Zangl, l'ambassadeur aurait, selon l'agence MAP, mis en relief l'importance que le Royaume attache à ce que les aides parviennent à leurs véritables destinataires.
Dans ce sens, l'ambassadeur a rappelé le constat établi par plusieurs institutions internationales et régionales ainsi que nombre d'ONG, connues pour leur impartialité, et qui s'accordent sur l'existence de pratiques de détournement avérées des aides humanitaires destinées à ces populations et leur écoulement sur les marchés algériens, ainsi que sur ceux d'autres pays de la région. Un processus facilité par le fait que l'aide humanitaire étant largement surnuméraire, il est fort loisible d'en détourner une part importante sans créer de malnutrition caractérisée au sein de la population réfugiée. En effet, depuis des années, le Polisario reçoit des organisations humanitaires et de différents milieux caritatifs, des aides calculées sur la base de l'existence de plus de 160.000 réfugiés et qui ne sont en fait destinées qu'à 50.000 personnes. Tirant parti de cette aberration statistique, la nomenklatura du Polisario a diversifié les formes de détournement des fonds destinées aux habitants des camps de Tindouf.
Le détournement est donc systématisé et s'effectue au long de la chaîne de distribution.
Les diverses exactions perpétrées par le front Polisario et cautionnées par le commandement algérien sont, du point de vue du droit international, des infractions qui transgressent les principes élémentaires du droit international humanitaire etes droits de l'Homme.
En effet, selon le Comité International de la Croix Rouge (CICR), le droit international coutumier prévoit que les parties à un conflit doivent permettre et faciliter l'acheminement rapide et sans encombres de l'aide humanitaire. Cette assistance doit être prodiguée de façon impartiale et non discriminatoire.
D'autre part, les obligations du gouvernement algérien et du front Polisario en vertu du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (1966) ne cessent pas du fait de l'existence d'un conflit.
Les droits inscrits dans ce Pacte comprennent notamment le droit « de toute personne à un niveau de vie suffisant pour elle-même et sa famille, y compris une nourriture, un vêtement et un logement suffisants » et le « droit qu'a toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale qu'elle soit capable d'atteindre».
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