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Cameroun: Log-Nkoll - 20 ans d'oubli, 20 ans de misère
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Le Messager (Douala)
25 Juin 2008
Publié sur le web le 25 Juin 2008
Noé Ndjebet Massoussi à Nkom
Le Cercle des amis de la forêt pour le XXIème siècle (Cafor 21) se bat pour sortir la communauté de la torpeur.
La route a tué le développement
Les populations de la communauté Log-Nkoll se sentent un peu soulagées ces derniers jours. Elles vont vivre une saison de pluies moins pénible. La route qui relie Songmbengue à cette bourgade plongée dans la forêt de Babimbi II, district de Massock, arrondissement de Ngambe dans le département de la Sanaga-Maritime vient de subir des réfections. En effet, depuis une vingtaine d'années, ce tronçon routier d'une quarantaine de kilomètres faisant partie de la nationale n° 54, n'avait plus reçu un coup de pelle d'un caterpillar. C'est désormais chose faite. Les engins de l'entreprise Jean Dupuch, pendant plus de deux mois, y ont été déployés. Cet axe routier relie Songmbengue à Yaoundé en passant par Nkom, Tue, Nyahoo, Kikot, Evodoula, Okola.
A la vérité, avant le déploiement des engins de l'entreprise Jean Dupuch, le tronçon Songmbengue - Nkom n'avait plus rien d'une route. Son état de délabrement a fait fuir les transporteurs, les touristes, les acheteurs des produits de rente (cacao), les " bayam sellam " et même les natifs de la communauté Log-Nkoll et des villages environnants. Voyager sur cet axe était devenu un véritable parcours de combattant. Les plus téméraires n'y allaient que par nécessité. Le coût du transport humain sur une quarantaine de kilomètres avait été multiplié par cinq, passant de 1 000 Fcfa en 1986 à 5 000 Fcfa depuis 2005. Par conséquent, le coût de transport des matériaux de construction a subi la même fluctuation, ralentissant la volonté des populations à se doter des maisons dignes. Les travaux de réaménagement de la route Songmbengue - Nkom coïncident avec l'arrivée d'un nouvel exécutif municipal à la commune de Massock.
Le lourd fardeau historique
Outre le mauvais état de la route, les populations de cette localité n'ont ni eau potable ni électricité. Et pourtant cette région a une hydrographie abondante. Elle est à une cinquantaine de kilomètres du barrage hydroélectrique de Songloulou. La seule lumière vive qui vaille dans cette partie du pays, c'est celle du jour. La nuit tombée, les populations en général et les élèves en particulier font recours à la lumière de la lune, des torches lampes et des lampes-tempête.
Mais comme la route Songmbengue - Nkom réaménagée 20 ans après, le maire de la commune de Massock, Paul Hiol, promet mettre fin au calvaire des populations de Log-Nkoll. " Je reste convaincu que l'entretien de nos 600 kilomètres de route en terre battue va faciliter la circulation dans notre commune et permettre des échanges commerciaux fructueux. Après ces travaux d'entretien routier, nous allons nous atteler à l'électrification de la région. Aes-Sonel vient de nous accorder une subvention d'un milliard Fcfa pour la réalisation de cet projet ", a-t-il déclaré.
Le manque d'une route praticable et l'absence de l'électricité ont tué toutes les velléités de développement dans cette région immensément riche. Le tissu économique est vierge. Les marchés périodiques ont disparu. Aucun grand commerce. Pas d'espaces de loisirs. Les grandes plantations de cacao, de plantain, de manioc, de macabo, d'igname, etc. jadis très productrices ont été abandonnées au détriment des petits champs réservés à la consommation locale. Le pillage de la forêt est criard. Les jeunes ont déserté les villages pour fuir la misère ambiante.
Les malheurs de la communauté Log-Nkoll et des autres villages de la région viendraient de leur lourd fardeau historique. Les Log-Nkoll réputés avoir été l'un des fervents bastions de l'Union des populations du Cameroun (Upc), étaient restés fidèles aux options de " l'âme immortelle du peuple camerounais ". L'un de leurs fils, nationaliste, Théodore Mpouma Kilama plus connu sous le nom de Makandepouth, a été pendu à Edéa dans les années 60.
Depuis le retour du Cameroun au multipartisme en 1990, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) n'y avait jamais gagné une élection. Le retour de Henri Hogbe Nlend dans la grande famille Upc et au Cameroun avait en son temps contribué au durcissement des populations Log-Nkoll dont il est natif. La tendance a basculé en faveur du Rdpc depuis les dernières élections présidentielle (2004) et municipales et législatives (2007). Grâce aux luttes de clans et de leadership au sein de l'Upc, mais surtout à l'influence sur les populations de Moïse Albert Njambe (président de S.O.S. Dialogue), Gustave Nkoyock (inspecteur général au ministère des Enseignements secondaires), Théodore Augustin Mbenoun (magistrat de 4ème grade), Benjamin Ngaï Ngaï (président du Cercle des amis de la forêt pour le XXIème siècle), etc.
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