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Zimbabwe: Le chef de l'opposition réfugié à l'ambassade des Pays-Bas


Le Soleil (Dakar)
 

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Le Soleil (Dakar)

23 Juin 2008
Publié sur le web le 25 Juin 2008

Le chef de l'opposition zimbabwéenne, Morgan Tsvangirai, s'est réfugié hier à l'ambassade des Pays-Bas à Harare au lendemain de son retrait de la course à la présidence que le régime a ignoré en poursuivant sa campagne en vue du scrutin.

Morgan Tsvangirai s'est réfugié "provisoirement à l'ambassade" des Pays-Bas à Harare, a indiqué à La Haye, un porte-parole du gouvernement néerlandais, Bart Rijs. La demande a été formulée dimanche par son parti, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), et le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Maxime Verhagen "a décidé que s'il cherchait la sécurité, elle lui serait accordée", a déclaré M. Rijs. Malgré les craintes pour sa sécurité, M. Tsvangirai s'est dit "prêt à négocier" avec le régime à la condition que les violences s'arrêtent dans le pays. Dimanche, il avait justifié son retrait du second tour de l'élection présidentielle par la généralisation des attaques contre ses partisans. Cette décision, qui ouvre la voie au maintien au pouvoir de Robert Mugabe, risque de priver le chef de l'Etat de toute légitimité, puisqu'il était arrivé largement derrière M. Tsvangirai au premier tour de la présidentielle.

Londres et Washington ont immédiatement soulevé ce point. Le gouvernement actuel "se maintient au pouvoir seulement par la force et l'intimidation", a lancé hier le Premier ministre britannique Gordon Brown. Qualifiant le régime d'illégitime, la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a appelé la communauté internationale à lui "demander des comptes". La réaction du régime, qui s'est évertué hier à ignorer le retrait de l'opposant, semblait témoigner de son malaise. Le ministre de la Justice, Patrick Chinamasa, a ainsi appelé les partisans du pouvoir à continuer de faire campagne, tandis que la Commission électorale poursuivait ses préparatifs en vue du scrutin de vendredi. Pour les autorités, M. Tsvangirai ne s'est pas encore retiré de la course à la présidence, parce qu'il n'a pas envoyé de courrier officiel à la commission électorale.

Le régime n'a cependant pas accordé la moindre attention aux appels à la retenue, s'en prenant physiquement au siège du MDC à Harare. Une dizaine de policiers sont arrivés dans les locaux du parti à la mi-journée et sont repartis avec "plus de 60 personnes", selon le MDC. La police a nié toute arrestation, affirmant avoir emmené 39 personnes jusqu'à "un centre de réhabilitation" parce que les conditions d'hygiène sont, selon elle, "déplorables" au siège de l'opposition. Plusieurs sympathisants du MDC s'y sont réfugiés pour fuir le déchaînement de violences politiques qui a suivi les élections générales du 29 mars, perdues par le régime. Selon M. Tsvangirai, "200.000 personnes ont été déplacées, plus de 86 partisans du MDC tués, plus de 20.000 maisons brûlées et plus de 10.000 personnes blessées" depuis le scrutin.

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Pour l'ONU, la majorité des attaques peuvent être attribuées aux fidèles du président Mugabe. De son côté, le régime les impute à l'opposition et a accusé hier Washington de verser des "millions de dollars" pour alimenter les violences. Pressées de toute part d'intervenir au Zimbabwe, les organisations internationales et africaines ont déploré hier la crise dans ce pays, sans prendre aucune mesure concrète. "La situation est extrêmement grave", a estimé le ministre des Affaires étrangères angolais, Joao Mirana, à l'ouverture d'une réunion de l'Afrique australe à Luanda sur le sujet. Mais il a refusé d'évoquer le retrait de M. Tsvangirai. "Très inquiète", l'Union africaine (UA) a également botté en touche en renvoyant les deux parties dos à dos. Le Conseil de sécurité de l'ONU doit avoir plus tard des discussions sur la situation au Zimbabwe. Là encore, l'issue de la réunion est incertaine compte tenu des divisions du Conseil.



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