|
|
Cameroun: Bakassi - La riposte du gouvernement
![]() |
||||||||||
|
||||||||||
Le Messager (Douala)
26 Juin 2008
Publié sur le web le 26 Juin 2008
Jean-Célestin Edjangue
Des sources introduites au sommet de l'Etat assurent que le gouvernement a pris des dispositions pour parer à toute attaque des « rebelles » nigérians du delta du Niger, afin que la rétrocession totale de Bakassi au Cameroun se passe comme prévu.
Ils n'ont pas formellement revendiqué l'agression du 9 juin dernier qui a causé la mort du sous-préfet de Kombo à Bedimo ainsi que celle des militaires et gendarmes camerounais. Mais leur correspondance du 12 juin 2008 fait penser qu'à défaut d'en être les commanditaires, ils ne sont pas contre ce qui s'est passé. Le Niger Delta Defense and Security Council (Ndsc), une organisation rebelle armée de la République fédérale du Nigeria, se positionne ainsi comme une structure dont l'assentiment doit être obtenue pour une pacification durable de la presqu'île de Bakassi. Cette portion du territoire camerounais avait été envahie par l'armée nationale nigériane en 1993. Mais la cour de justice de la Haye a reconnu la souveraineté du pays de Paul Biya sur la péninsule en 2002. Six ans après, le retrait du Nigeria n'est pas total ; il se fait d'ailleurs au forceps. La correspondance du Ndsc montre bien que le Cameroun n'est pas au bout de ses peines.
Contactées par Le Messager hier, 25 juin 2008 dans l'après-midi, des autorités au plus haut niveau de l'armée camerounaise tentent de rassurer : « Le gouvernement a pris connaissance de ce document parce qu'il suit la situation de très près ». Selon nos sources, il s'agit de manoeuvres dilatoires de rebelles pour plomber le processus de rétrocession et ramener le problème de Bakassi sur la table des négociations. « Mais le gouvernement ne se laissera pas prendre à ce piège-là ; des dispositions militaires et diplomatiques sont déjà prises pour parer à toute éventualité », confient nos sources, avant de conclure : « Nous sommes confiants que le processus de rétrocession va s'achever comme prévu [en août 2008, ndlr] pour deux raisons au moins : d'une part les assurances du gouvernement fédéral nigérian que le processus est irréversible, et d'autre part la préparation de nos équipes pour ramener la sérénité sur le terrain. »
Menaces persistantes
Yaoundé semble plutôt serein. Mais le document des rebelles fait pourtant froid dans le dos. Il évoque une nouvelle attaque à Bakassi. « En ce qui nous concerne, la ligne de démarcation vient juste d'être tracée et les dieux de notre terre sont fortement derrière nous dans notre combat et nous nous battrons inlassablement pour récupérer notre terre », peut-on y lire. Motif : « L'accord conclut par l'ancien président Obasanjo et le gouvernement de la République du Cameroun ne reflète pas les intérêts de nous autres peuples affectés de Bakassi. Nous n'avons été ni contactés ni consultés ou interpellés à aucun moment pour être entendus. En conséquence, nous nous sommes résolus à adopter des mesures appropriées et profondes pour protéger nos droits naturels et divins comme originaires et occupants de Bakassi depuis des siècles »
|
Le document des rebelles nigérians du delta du Niger ne tombe pas comme un cheveu dans soupe. Il apparaît ainsi comme un instrument apprêté pour jeter du trouble dans le processus de restitution totale de la presqu'île au Cameroun. Cette rétrocession est en fait le véritable leitmotiv de la correspondance. Les deux dernières attaques contre les Camerounais à Bakassi, et qui ont fait au total trente morts, montrent que la zone est loin d'être délaissée par les rebelles du delta du Niger. Qu'en sera-t-il au lendemain de la rétrocession totale, le 14 août prochain ? Cette date butoir, si proche, semble décidément encore bien lointaine.
| |||||||||||||||||||||||||||||
| |||||||||||||||||||||||||||||
|
| |||||||||||||||||||||||||||||
|
| |||||||||||||||||||||||||||||
| Copyright © 2008 Le Messager. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici. | |||||||||||||||||||||||||||||
|
| |||||||||||||||||||||||||||||
| Faites d'allAfrica.com votre page d'accueil | Fils RSS | |||||||||||||||||||||||||||||
|
| |||||||||||||||||||||||||||||
| Début de page | Plan du Site | Qui Nous Sommes | Publicité | Recherche | Abonnement | |||||||||||||||||||||||||||||
|
| |||||||||||||||||||||||||||||
| Un commentaire? Remplissez le formulaire. Données Personnelles . | |||||||||||||||||||||||||||||
|
| |||||||||||||||||||||||||||||
|
| |||||||||||||||||||||||||||||
![]() Les plus actifs du jour
|