26 Juin 2008
Le CMC annonce la publication de sa dernière Lettre mensuelle. Elle fait le point sur la conjoncture nationale et internationale de ces derniers mois. Celle-ci est marquée, sur le plan national, par une consommation des ménages en progression lente; au plan sectoriel par la mise en oeuvre d'un nouveau plan de relance de l'agriculture, le Plan Vert, ainsi que d'un plan intéressant le secteur de l'énergie. Cette conjoncture est également marquée, au niveau du marché bancaire, par la prépondérance des crédits bancaires; et, au niveau des échanges extérieurs, par une détérioration continue des termes de l'échange reflétée par un déficit accru de la balance commerciale.
Au plan sectoriel tout d'abord, s'agissant de l'énergie, des «changements significatifs dans le processus de production de l'énergie alternative n'étant pas envisageables que dans une perspective de long terme; à court terme ce plan vise à mettre en place les mécanismes de gestion de crise par l'établissement des priorités parmi les différents usages possibles». Autant dire, selon les analystes du CMC, que les marges de manoeuvre sont franchement limitées. Pour ce qui est de l'agriculture, les autorités veulent, à l'avenir, faire du secteur des activités primaires, l'une des locomotives du développement socio-économique du pays. Vu sous cet angle, le «Plan Vert», même si ce n'est pas le premier plan de développement conçu dans ce secteur (il garde comme cadre de référence la «Stratégie 2020 du Développement rural» qui avait été mise en oeuvre en 2000), représente un tournant au Maroc.
En effet, selon les experts du CMC, il contredit le point de vue défendu, au niveau de certains cercles de décision, que la dynamique du PIB s'est affranchie de l'apport du secteur des activités primaires alors même que l'idée de décorrélation entre la croissance globale et les activités primaires n'est ni souhaitable ni réalisable, tant les conditions de cette déconnexion ne sont pas réunies dans l'immédiat. Dans le même ordre d'idées, ce Plan tord le coup à une idée préconçue qui voudrait démontrer que le Maroc est un pays essentiellement rural mais non agricole. Or dans ce contexte international de grande instabilité des prix des matières premières (blé, céréales ) dont le Maroc est importateur, «occulter l'importance du secteur agricole c'est prendre le risque de faire dépendre notre sécurité alimentaire aux caprices du marché international et soumettre les intérêts stratégiques du pays à l'économie casino». C'est dire l'importance d'un tel Plan, malgré ses failles et ses limites surtout sur le plan méthodologique, dans un contexte économique et social aussi incertain et volatile. Il est à rappeler que cette stratégie s'est fixé deux objectifs, à savoir d'une part le développement d'une agriculture performante, compétitive et productive, et d'autre part, préserver l'emploi, l'activité et les revenus des petits exploitants en difficulté.
La publication se consacre ensuite à faire un état des lieux sur la consommation des ménages sur une longue période. D'après le CMC, le «retournement du cycle de croissance observé en 2007 a déteint sur le comportement de demande finale et plus particulièrement la consommation des ménages». Les estimations effectuées sur la base des données disponibles font état d'une progression nominale des agrégats de consommation limitée à «5.4% au terme de l'année 2007, soit à peine la moitié de l'exercice précédent. Le contexte conjoncturel assez difficile du début de l'exercice 2008 avec notamment la forte hausse des prix des produits alimentaires et des matières premières indiqueque la tendance devrait se poursuivre pour au moins un certain temps.
La Lettre du CMC fait ensuite un bilan des crédits bancaires relatifs aux projets immobiliers. L'évolution rapide des prix de l'immobilier a considérablement impacté la capacité des ménages à accéder à la propriété sans recourir au crédit. Selon le CMC, «dans ce contexte, les établissements de crédit se sont imposés comme voie de recours incontournable fournissant une panoplie de prêts immobiliers. Si les ménages se financent à hauteur des ? auprès des banques et pour le reste auprès des sociétés de financement, ceci est dû à la part prépondérante des crédits immobiliers dans les engagements des banques en faveur de leurs clients».
Enfin, en dernier lieu, la Lettre s'atèle à décortiquer la relation ambivalente existant entre croissance et réduction de la pauvreté. Bien que les performances économiques enregistrées au cours des 20 dernières années aient permis de réaliser des gains substantiels au plan de la réduction de la pauvreté, «ce profil de croissance pro-pauvre n'a pas, en revanche, bénéficié de la même manière aux populations rurales où la croissance a faiblement profité aux catégories les plus défavorisées.
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