Utilisez le menu pour découvrir d'autres articles
  


Ou Recherche Avançée pour les Abonnés Uniquement


Cliquer ici pour lire les commentaires ou réagir sur le sujet »

Cameroun: Yaoundé - Deux centaines d'habitations détruites


Le Quotidien Mutations (Yaoundé)
 

Envoyer par email

Imprimer cet article

Poster un commentaire

Le Quotidien Mutations (Yaoundé)

27 Juin 2008
Publié sur le web le 27 Juin 2008

Jean Baptiste Ketchateng

La démolition des maisons situées sur un flanc du palais de l'Unité a débuté hier matin.

A-t-on idée de détruire le toit de sa maison alors que l'orage gronde et que des gouttelettes de pluie annoncent qu'il va pleuvoir ? C'est pourtant ce que faisaient la majorité des habitants d'une partie du quartier Mballa II, sur l'un des flancs de la colline d'Etoudi où l'on aperçoit, à un jet de pierre, le palais de l'Unité. La vie à Mballa II, quartier populaire de Yaoundé, ce jeudi, a en effet débuté par une démolition géante de 248 maisons. Une pelle mécanique réduit en gravats des maisons. Sous le regard impassible du maire de la capitale et des victimes impuissantes, enveloppés dans de légers nuages de poussière qui se dissipent au-dessus d'un enchevêtrement de câbles de téléphone et d'électricité.

De la plus petite masure, à la villa cossue, tout va être rasé, ont assuré les autorités, parmi lesquelles le ministre des Domaines et des affaires foncières Pascal Anong Adibime et le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé Gilbert Tsimi Evouna. " Ils sont arrivés peu après 9h ", témoigne Jean-Pierre, un jeune homme, adossé à un matelas qui repose lui-même sur une armoire. Le cortège de voitures de l'administration a effectivement quitté le centre-ville à 9h attirant l'attention des riverains qui ont aussitôt commencé à s'affairer à la destruction de leurs maisons.

" L'on ne pouvait faire autrement, la pelle mécanique était déjà présente. Ils ont demandé de partir, de vider les lieux et ont commencé à casser aussitôt ", déplore encore Jean-Pierre. S'il ne sait pas où aller, Jean-Pierre est moins malheureux que François Nana. Le jeune homme était en effet locataire d'un modeste deux pièces qu'il vient de vider. M. Nana par contre avait investi là ses économies d'ancien agent des Travaux publics. Une dizaine de locataires habitaient les studios adossés à sa maison et à l'épicerie où ses enfants, sans emploi, "se débrouillaient."

Dans le pâté de maisons où sa demeure est encastrée, l'on s'active d'ailleurs bien plus vite qu'au sommet de la colline où se trouve Jean-Pierre. Des coups répétés de marteaux permettent d'enlever des tôles ici, une fenêtre là, ou même, toute une charpente qui protégeait une jolie maison fraîchement peinte. On essaye de récupérer ce qu'on peut, avant l'arrivée des démolisseurs qui ont dû faire appel à des dizaines de policiers et de gendarmes armés de bonbonnes de gaz lacrymogènes et protégés par des boucliers et gilets. Comme à l'annonce d'une émeute qui ne s'est pas déclenchée.

Au bas de la colline, l'on a l'impression cependant que l'on est dans une ruche. Des enfants qui trouvent l'occasion de s'amuser, franchissent le filet d'eau qui s'écoule en dehors des égouts. Les mieux lotis ont déjà fait emporter le mobilier de leurs maisons dans des véhicules tout-terrain, des vieux camions de déménagement qui s'alignent en file indienne au bord de la route, où même au fond de simples brouettes et " porte tout ". L'on s'en va, la mort dans l'âme, l'Å"il triste et la langue fourchue.

Une petite fille raconte comment un homme a rabroué un journaliste d'une radio. Elle a ri aux éclats, comme si son lit qui l'a " bien accueilli hier soir " quand elle a fini de regarder à la télé une série sud-américaine dont seuls les amoureux des télénovelas sauront distinguer le nom, ne se trouvait pas maintenant dans la cour. Ses sÅ"urs aussi ont ri de bon cÅ"ur. Comme si de rien n'était. Jusqu'à ce que vienne une dame, probablement la maman de cette maisonnée, qui leur a demandé l'air surpris : " On va dormir où aujourd'hui ? Et votre père, je lui dis que c'est grave ici, et il n'est toujours pas revenu... "

Liens Pertinents

L'homme aura-t-il le temps de venir se rendre compte que l'épée de Damoclès qui pesait sur la tête des centaines d'habitants de ce quartier depuis la mi-avril est tombée?



AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

 
Partagez cet sur:
Facebook
Digg
Del.icio.us
StumbleUpon
Muti


Copyright © 2008 Le Quotidien Mutations. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

Faites d'allAfrica.com votre page d'accueil | Fils RSS

Début de page | Plan du Site | Qui Nous Sommes | Publicité | Recherche | Abonnement

Un commentaire? Remplissez le formulaire. Données Personnelles .

HOME
allAfrica.com


Liens Pertinents




Poulet remplumé, consommateur déplumé
Evaluation de l'exécution du BIP 2008 dans le Moungo
Gabriel Ngan Baleba - « Nos réalisations parlent pour nous »
Augustin Frédéric Kodock - «Nous allons aux élections pour gagner»
Exportation - Adc supprime la redevance sur les fruits





Les plus actifs du jour