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Congo-Kinshasa: Grand Kallé et la chanson «Indépendance cha cha»
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Le Potentiel (Kinshasa)
28 Juin 2008
Publié sur le web le 30 Juin 2008
Martin Enymo et Jeannot Ne Nzau Diop
Kinshasa
Kabasele Tshamala Joseph alias Grand Kallé figuré parmi les pionniers de l'Indépendance de la République démocratique du Congo. Il est à la tête de l'Africa Jazz lorsque le groupe entonne la chanson historique « Indépendance cha, cha, cha », composée en 1960 et devenue un hymne à la liberté pour bon nombre de pays africains fraîchement indépendants. La chanson consacre littéralement l'entrée de la rumba congolaise sur l'échiquier international de la chanson.
La Table ronde réunit, en janvier 1960 à Bruxelles, les leaders politiques congolais et les autorités belges afin de négocier les contours du nouveau Congo. Le quartier général des délégués congolais est le Plaza, près de la Place Rogier. On choisit de faire venir l'African Jazz de Kabasele Tshamala Grand Kallé dans la capitale belge afin de permettre à la délégation congolaise de retrouver, en plein hiver à Bruxelles, une ambiance du pays. Le 27 janvier 1960, la Table ronde politique fixe la date de l'indépendance au 30 juin.
Le soir du 27 janvier, à l'hôtel Plaza, le chanteur Kabasele et l'Afican Jazz lancent «Indépendance Cha Cha», un hymne à la libération. «d'Indépendance cha cha». « C'est la chanson de tous ! - «Indépendance cha cha to zui e» : l'indépendance, cha cha, que nous venons d'avoir, c'est en lingala. «Ba gagner o», «O Kimpawanza cha cha tubakidi», c'est en kikongo. «Assoreco...», il cite les différents partis de l'époque plus les grands leaders de cette époque : Tshombé, Kamitatu, Mbuta Kanza, Kasa-Vubu, Kalonji, etc... Donc c'est vraiment une chanson qui a une vocation fédératrice et qui résume l'idée vers laquelle on tend, c'est-à-dire l'indépendance dans l'unité », décrit Manda Tchebwa, musicologue congolais.
SES DEBUTS
Né le 16 décembre 1930 à Matadi, 1949 est l'année qui consacre la carrière musicale de Joseph Kabasele. Il débute cette carrière dans le groupe vocal «La voix de la concorde». Une année après, en 1950, au moment de gloire de Zacharie Elenga dit Jhimmy, un jeune talent et chanteur de surcroît fait parler de lui. La petite liberté autorisée dans le culte lui donne l'occasion de chanter régulièrement à la cité avec les amis dans la forme de maringa, danse populaire à l'époque. C'est en ce moment qu'il découvre Georges Dula, Marcellin Laboga, Albert Yamba Yamba, musiciens avec qui il produit des compositions bâties sur des rythmes de danses populaires.
En 1951, M. Moussa Benathar installe les éditions Opika à Barumbu, après ses déboires avec Kina. C'est lui qui lance Kallé Jeff, accompagné à ses débuts par Georges Dula, Laboga Marcellin et Albert Yamba Yamba. Il habite sur rue Mbomu dans la commune de Kinshasa et les répétitions ont lieu au 122 de la rue Kitega.
Cet embryon d'orchestre pose les jalons de l'African Jazz. Il tourne avec eux un film publicitaire avec l'ensemble Otc, intitulé «Les voix de la corde». Le succès de ce film documentaire marque un progrès considérable dans les aptitudes de Grand Kallé pour qui l'année 1952 constituera le premier pas vers l'affranchissement des méthodes de chant, de danse, avant d'avoir accès au studio Opika des frères Benathar. C'est de là que sortiront les toutes premières chansons comme «Coco wa ngai», «Valerie Regina», «Bolingo lokola like», «Tika makelele na ndako», etc., réalisées avec l'accompagnement des guitaristes Balozi Tino Baroza et Charles Mwamba Déchaud, ancien accompagnateur de Jhimmy Elenga. L'AFRICAN JAZZ...
Il monte en 1953 l'orchestre African Jazz qui effectue sa sortie officielle la même année. Il est considéré comme le premier orchestre de la musique congolaise moderne de la rive gauche du fleuve Congo. Il est organisé sur le modèle des «jazz band», d'où son appellation «African Jazz». Jazz est accolé par la suite à de nombreux orchestres créés dans la foulée. L'orchestre se compose de Kallé Jeff, chef d'orchestre et chanteur, Charles Mwamba Dechaud, guitariste accompagnateur, Masta Zamba, Antoine Kaya Depuissant, Tumba, Albert Taumani, bassiste, Isaac Musekiwa, saxophoniste, Dominique-Willy Nkutima, trompettiste, Menga André, saxophoniste, Albert Dinga, chant, Dialuvila Baskis, chant et tumba ainsi que Roger Izeidi, maracassiste-chanteur. Grand Kallé et Fud Candrix enregistrent avec l'African Jazz plusieurs dizaines de chansons à succès, parmi lesquelles celles qui battent tous les records de vente et de popularité en fin d'année 1953. Grand Kallé a, pour sa part, le grand mérite d'introduire pour la première fois le tam-tam tetela, grâce à l'apport de meilleurs percussionnistes de l'époque: Diaboua , Jacques Pella dit «Lamotha» et Liberlin de Shoriba Diop de Brazzaville.
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Ce groupe crée une révolution rythmique très déterminante de la rumba.
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