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Zimbabwe: Mugabe encore et toujours - Il devrait prêter serment aujourd'hui
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La Tribune (Algiers)
29 Juin 2008
Publié sur le web le 30 Juin 2008
Moumene Belghoul
En boycottant le scrutin présidentiel de vendredi, l'opposition zimbabwéenne a-t-elle fait le mauvais choix ? Robert Mugabe semble inexorablement se diriger vers sa propre succession. Le chef de l'opposition, Morgan Tsvangirai, s'est retiré de la course en invoquant les violences commises contre ses partisans.
Le régime en place a donc dû se contenter d'une d'élection avec un candidat unique. L'Occident et plusieurs dirigeants africains ont beau avoir demandé le report du scrutin, rien n'y fait. Et le Conseil de sécurité de l'ONU s'était même réuni en urgence pour évoquer la question. Le jour du scrutin, organisé dans un climat de tension extrême, a montré les limites de la stratégie de l'opposition qui a tout misé sur les pressions extérieures pour gêner le pouvoir. En vain. Si les pays du G8 ont fait savoir qu'ils ne reconnaîtraient pas l'issue de l'élection, le Conseil de sécurité n'a pas réussi à se mettre d'accord sur une résolution allant dans ce sens. Et pour cause, l'Afrique du Sud chargée d'une médiation a tout bonnement empêché l'adoption d'un texte qui aurait déclaré illégitimes les résultats en faveur de Mugabe. Exaspérée, l'opposition a accusé le président sud-africain Thabo Mbeki de se conduire comme s'il avait «la carte du parti de Robert Mugabe».
Ce dernier, qui n'a jamais rencontré son rival, méprise profondément l'opposition qu'il considère à l'actif de l'ancienne puissance coloniale britannique. Tsvangirai ne semble pas avoir d'autre choix que de poursuivre ses efforts en direction de la «communauté internationale», et notamment des dirigeants africains, en espérant qu'ils parviendront à faire plier l'indéboulonnable Robert Mugabe.
D'un autre côté, la réunion du Conseil exécutif de l'Union africaine (UA), préparatoire du sommet de demain, a mis hier entre parenthèses la crise zimbabwéenne afin de poursuivre l'examen de l'ordre du jour, en attendant le Conseil de paix et de sécurité de demain.
La proposition d'un compromis sur le modèle kényan pour sortir de la crise zimbabwéenne a été accueillie avec circonspection par certains Etats membres de l'UA, ainsi que par des représentants de la société civile africaine. Vendredi soir, pressé par les médias internationaux de réagir à l'ubuesque situation au Zimbabwe, le patron de l'UA, Jean Ping, a assuré que «le problème du Zimbabwe, j'en suis convaincu, trouvera une solution crédible. Donnez-nous le temps d'en débattre avec nos chefs d'Etat, avec la SADC».
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Pour l'instant, l'UA s'est refusée à condamner Mugabe, préférant soutenir la médiation au nom de la SADC de Thabo Mbeki. Loin du brouhaha médiatique, le chef de l'Etat sortant et néanmoins homme fort du Zimbabwe, Robert Mugabe, certain de remporter la victoire au second tour de la présidentielle où il était seul candidat, devrait prêter serment comme président aujourd'hui.
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