Port Louis — Depuis son arrivée le 7 avril 1722 à son décès en 1762, Jacques Gast d'Hauterive n'est jamais reparti de l'île de France. Il y a fait souche, a participé aux décisions administratives, politiques et économiques. S'est conduit comme un Mauricien en devenir.
C'est l'histoire de cet homme qui fut parmi les cinq signataires de l'acte d'entrée en fonction du Chevalier de Nyon que s'attache à retracer Marc Philippe Koenig dans le Chevalier d'Hauterive Chronique de la plus ancienne famille de l'Isle de France Publication de Streak Designs.
De la date où il obtint sa première concession au Port Bourbonn puis une deuxième à Anse Jonchée, à son élévation «à la dignité de Chevalier de Saint-Louis en 1741», nous suivons à la trace ce colon persévérant. Qui d'ailleurs, quand il demandera au Conseil supérieur l'octroi d'un terrain à côté du sien à Pamplemousses, à son fils Denis mentionnera dans sa lettre que Denis «a l'honneur d'être le premier blanc créole de cette isle».
A ses côtés nous retrouverons son épouse Renée Guillot, qui malgré les conditions difficiles de ces temps premiers «aura été la seule des pionnières à ne pas quitter l'île de France». Journal de bord, actes de mariage et arbres généalogiques détaillés étoffent cette chronique qui met des noms et des visages sur le terme «colon».
Amedee Nagapen , les débuts du Catholicisme
Pour son nouvel opus, l'historien Amédée Nagapen s'intéresse aux débuts du catholicisme à Port-Louis. Comme à son habitude, le développement de l'institution est une trame sur laquelle il file l'histoire de Maurice. Ses tribulations, ses moeurs, sa vie.
Dans «Les premières décennies du catholicisme à Port-Louis», s'établit surtout le «contraste entre la vie ecclésiale d'alors à l'Isle de France et celle du 21ème siècle ( ) En tout état de cause, le catholicisme jouit d'un statut reconnu au sein d'un ordre juridique où elle trouve sa place sociale».
L'auteur s'y interroge : «dans les colonies, finalement, à qui appartient l'autorité religieuse ?» pour conclure que «dans la pratique, la religion dans les deux îles s'insérait dans un cadre juridique passablement flou, qui ne délimitait pas clairement la sphère de diverses juridictions».
Après les tribulations des premières chapelles de chaume, les misères faites au lazaristes, Amédée Nagapen consacre toute une partie de l'ouvrage à Labourdonnais, «un génial maître d'oeuvre». c'est le personnage - devons - nous dire le paroissien? - qui intéresse l'auteur.
Un côté autobiographique. Des airs désabusés de «Mo pe ena okenn rezon enportan pou rabas seki mo pe rabase. Dayer mo pa ena nanye enteresan pou dir». Mais que le lecteur ne s'y fie pas. Dev Virahsawmy tient la plume cette fois pour un roman en morisien, Swiv larout ziska
Jusqu'à la croisée des destins. Jusqu'au bout des zigzags de la pensée. Pour son dernier opus en date, l'auteur prolifique invite le lecteur a le suivre, «pou kapav dir ki mem si nou nou de gopia, nou ena boukou ankomen parski ler nou swiv nou larout trase par lasans, malsans, boner, soufrans, aksidan, kwensidans, desten nou toultan bizen lotla ek lotla».
Philosophie de la vie. Mais surtout philosophie d'une vie. Celle de son engagement en faveur du morisien. Car Dev Virahsawmy n'écrit pas sans raison. Sans être péjoratif, il est un auteur à message. Cette fois, c'est de la difficulté d'adapter le genre romanesque à la langue d'expression. Car, comme il l'explique en avant-propos, «poezi ek teat zot ena enn lipie dan kiltir oral e enn lot dan kiltir lekritir me proz literer li enn zafer plis konplike.
Kan enn dimoun pe lir proz literer li pa ena okenn koudme andeor tex la. Pa ena expresion figir, entonasion, langagz lekor pou ed li konpran tex la. Ena zis li tousel divan bann sign lor papie la».
L'auteur se dit tout aussi sensible au besoin de formation, indispensable avant de lire couramment le morisien. Pour enfin goûter aux joies d'un match de l'équipe Tornado, comme si nous y étions, pour suivre l'auteur à la «Site Tarzann», rencontrer son meilleur ami Sannyasi, pour que cette route ne soit pas la dernière, ne soit plus qu'un souvenir.

Comments Post a comment