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Sénégal: Crise de l'énergie et changements climatiques - Le pétrole affole les transports aériens


Sud Quotidien (Dakar)
 

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Sud Quotidien (Dakar)

1 Juillet 2008
Publié sur le web le 1 Juillet 2008

Mame Aly KONTE

22 destinations en Afrique, 104 vols par semaine, 20 pays desservis dans le continent, dont le Sénégal, décidément, la Compagnie Air France aime le monde. Avec des avions qui parcourent tous les jours, les longues distances qui relient Roissy au Cap, Buenos Aires à Pékin, la planète n'a également plus de secret pour ses pilotes chevronnés qui font quasiment chaque semaine à bord de leur cabine, un tour du monde parfois sans escales. Cela suppose une grosse consommation énergique et annonce des lendemains bien difficiles dans le secteur du transport aérien. Alors que faire ? Y'a-t-il d'autres alternatives face à la montée constante du prix du pétrole ?

Urgence et priorités bousculent le monde de l'aviation civile. Le temps semble d'ailleurs manquer en ces moments de périls et de montée des tensions économiques et écologiques dans le monde. Et, dans ce contexte, beaucoup de compagnies aériennes ont décidé de plus en plus de réagir et de s'adapter à ces deux nouvelles donnes que sont : la crise de l'énergie et la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Parmi elle, la compagnie française. « Air France s'engage ». Derrière le slogan, se cache pour demain, une entreprise gigantesque.

Pour le Président Directeur général, Jean Cyril Spinetta, Air France s'engage dans toute une série de modernisation de ses outils de travail, pour participer à l'effort entrepris dans le monde, dans le cadre de la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Au cours de la Conférence de presse qui a eu lieu mardi 9 juin, dans les locaux de la Compagnie à Roissy, il a dit à l'endroit de sa compagnie, mais aussi de toutes celles qui sillonnent quotidiennement le ciel planétaire, « Nous avons l'obligation de répondre aux changements climatiques, mais encore à tous les autres problèmes liés aux nuisances sonores, à la qualité de l'air etc... »

Mieux vaut tard que jamais, pourrait-on dire du côté des experts du Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), mais voilà que le secteur privé longtemps attendu sur la question, se lance ici dans la défense de l'environnement et du développement durable. Jusqu'à se lancer comme l'a fait la compagnie française, dans une charte du développement durable au niveau du secteur de l'aéroport Roissy Charles De Gaulle. Une bonne nouvelle. On y croit pourtant à Air France. Et d'ailleurs le symbole est tel que la réunion avec des journalistes venus de tous les continents s'est faite au même moment où se tenait à Paris, le lancement des activités de la Fondation Jacques Chirac pour le développement durable.

Air France se met dans la danse, mais aussi d'autres compagnies comme Brussels Airlines se sont lancées dans le mouvement. La compagnie nationale belge a décidé depuis quelques mois, fait le pari d'alléger ses avions de 300 kilogrammes. Dans la réduction des réserves d'eau de moitié, aussi la décision de voler plus lentement avec la possibilité de ralentissement de 15 km par heure.

Belle coïncidence aussi s'il en est. Mais, du côté des spécialistes des questions liées à l'assistance aux vols, à la gestion de la flotte, au projet carburant, on estime que le moment est venu de songer à de telles solutions parce que la question environnementale n'a jamais été aussi présente au cà "ur du débat public. Surtout en ces moments de négociation d'un nouveau protocole, après celui de Kyoto, qui devrait permettre au Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) et à ses membres, de donner quelques indications sur l'avenir.

Au même moment également où les directives de la Commission européenne sur les échanges de permis d'émissions, (Ets), en anglais (Emission trading scheme) sont largement attendues.

Payer le coût de l'innovation

Le temps presse et le contexte presque imposé. Pour la plupart, il faudra supporter les coûts de l'innovation ou disparaître. Et même si la compagnie Air France affirme avoir modernisé sensiblement sa flotte de 2000 à 2006 ; ce qui lui a permis de réduire de 12%, la consommation en kérosène par passager, il est évident que les avions de demain devraient réduire leur consommation pour permettre aux grandes compagnies de faire des bénéfices sur les longues distances.

Il a été démontré à ce propos, que les nouveaux avions ont fini par être conçus sur ces modèles avec l'Airbus A 380 et le Boeing 787 qui consomment moins de kérosène aux 100 km par passager. Et à l'horizon 2012, la compagnie Air France s'est encore engagée dans un gros effort technologique qui devrait permettre de réduire la consommation moyenne par passager à 3,7 litres au 100 km. S'ajuster en innovant, voilà le credo. Le tout basé sur une politique économique destinée à la maîtrise des coûts, au respect des normes de sécurité, de confort pour les passagers au moment où les avions seront de plus en plus grands, ou encore de plus en plus petits. C'est selon les classes et les moyens.

Le Concorde à l'aérogare pour longtemps, l'heure est donc aux moteurs moins dévoreurs de carburant, à l'acoustique plus sensible, soucieux du respect des normes environnementales recommandées par le Giec. Devant un parterre d'ingénieurs mécaniciens, d'administrateurs, et de spécialistes des questions d'aéronautique civile, l'une des plus grandes compagnies au monde, a fait sans doute quelques émules dans le domaine du développement durable. Avec un Directeur général qui abordait un à un, les grands sujets de l'heure dans le domaine des changements climatiques, (la protection de la couche d'ozone, la pollution, le dégagement de gaz Oxyde d'azote (NOx), certains journalistes et défenseurs de l'environnement sans doute fascinés n'ont pas pu se refuser à applaudir.

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Même l'un des défenseurs français de l'environnement les plus connus, le photographe reporter, Yann Arthus Bertrand, a dit son plaisir de s'engager dans ce combat avec la compagnie Air France (Lire notre entretien). Comme quoi les temps et les mentalités secouées par la montée des périls et les sérieuses menaces qui pèsent sur les sources d'énergies fossiles comme le pétrole, sont entrain de changer.



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