L'Aurore (Conakry)
Saliou Dalein
2 Juillet 2008
Le Bureau de l'Assemblée Nationale a réagit le 18 juin contre la lettre n°0188 du secrétaire général de la Présidence de la République, retirant le décret d'octroi de la concession minière à Simfer sur les ressources de la chaîne du Mont Simandou à cette filiale de Rio Tinto.
Sur cette lettre de riposte n°076 signée de Elhadj Aboubacar Somparé au Premier Ministre Chef du Gouvernement, on peut lire «l'Assemblée Nationale n'a donné l'onction légitimatrice au projet Rio Tinto par sa ratification qu'après que le gouvernement ait déposé à la suite de tout le travail technique. Ce qui suppose que le contrôle de légalité dont il est question est un contrôle à priori qui devait se faire pendant l'étude des services techniques et un contrôle administratif à posteriori après ladite étude. C'est seulement à la suite de cette procédure interne à l'administration centrale que ledit dossier devait être porté devant notre institution. Un projet déposé après ces préalables bénéficie d'une présomption irréfragable de légalité à notre entendement».
M.Somparé d'instruire, «le projet de Rio Tinto est et demeure légal aussi bien dans sa forme que dans son fond». Et de mettre en garde, «dans le contexte actuel de notre pays, il faut réaliser clairement l'idée que certains actes du gouvernement pourraient entraîner des effets pervers incalculables sur l'image de notre pays».
Selon M.Somparé «la signature de la plupart des contrats miniers et l'installation des grandes sociétés telles que Rio Tinto ont suscité l'espérance d'une société plus stable, d'économie plus prospère et plus libre, mais aujourd'hui, des appréhensions sérieuses commencent à se faire sentir quant à la sécurité et au maintien des droits légitimement et légalement acquis de nos partenaires».
M.Somparé a aussi flétrit «les risques tenant àl'instabilité politique et sociale et l'insécurité juridique» et de renchérir «l'aide internationale, l'investissement, le développement ne peuvent s'opérer qu'au prix des mesures attractives pour les capitaux et le transfert de technologie, et l'intégration dans le marché international qui offre de meilleures conditions en ce moment, compte tenu de l'envolée des prix des métaux de base».
Notons que le capital de la société Simfer SA est détenu à 100% par Rio Tinto, mais la Société Financière Internationale (SFI) a souscrit à 5% dudit capital et l'Etat Guinéen dispose d'une option de prise d'action à hauteur de 20%.
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