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Congo-Kinshasa: Barrage de Katende - ce qu'il faut savoir
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Le Phare (Kinshasa)
2 Juillet 2008
Publié sur le web le 2 Juillet 2008
Jacques Kimpozo Mayala
Le projet de construction du barrage de Katende, au Kasaï Occidental, dans le territoire de Tshimbulu, non loin de Kananga, fait couler beaucoup d'encre et de salive depuis l'époque de Mobutu.
Le gouvernement de la 3me République l'a finalement inscrit à son budget d'investissement et, si l'agenda du Chef de l'Etat n'est pas perturbé, il devrait poser ce week-end la première pierre pour la construction de cet ouvrage. Naturellement, il s'agit d'une bonne nouvelle pour les habitants de Kananga et de sa périphérie, qui pourraient enfin voir disparaître, d'ici deux à trois ans, les « poches noires » qui ramènent leurs milieux de vie à l'époque de la pierre taillée.
La réalisation de ce projet comblerait des politiciens de cette province qui se sont toujours battus pour son financement par les pouvoirs publics. Cette fois, ils pourraient enfin avoir de quoi inscrire dans leurs programmes de campagne électorale pour 2010, face à des électeurs qui leur ont toujours fait le reproche de ne rien faire pour leur terroir.
Mais, de l'avis des experts en électricité, le barrage de Katende ne représente pas l'ouvrage tant rêvé pour l'industrialisation du Kasaï Occidental ou même de son chef-lieu. Avec sa puissance installée estimée à 38 mégawatts, il pourrait tout au plus produire de l'énergie électrique pour le réseau domestique et de petites unités industrielles telles que les chambres froides, les savonneries artisanales, les ateliers d'ajustage et de confection. Toutefois, par rapport au « néant » actuel, ce serait un grand progrès que d'avoir du courant électrique dans les habitations, les hôtels et les unités de production à faible consommation d'énergie électrique.
Les deux Kasaï ont besoin de 300 MW
Selon l'évaluation du moment, les deux Kasaï ont besoin d'au moins 300 mégawatts pour prétendre esquisser un pas dans la voie de la grande industrialisation. Une telle demande ne peut être satisfaite par le barrage de Katende (38 mégawatts), ni celui de Tshiala ( 4 mégawatts seulement dans son état actuel). La solution la plus pratique est et reste le soutirage du courant d'Inga à partir du poste de Tshimbulu. Des études géologiques en souffrance dans les archives de la Miba signalent que le sous-sol des deux Kasaï recèlent, en plus du diamant, des minerais à forte teneur tels que le chrome, le nickel, le cuivre, le magnésium, etc.
Leur exploitation requiert une grande disponibilité en énergie électrique, laquelle fait cruellement défaut. En son temps, les gestionnaires de la Minière de Bakwanga, soucieux de la nécessité de libérer leur société des aléas d'une fourniture électrique rationnée, avaient cherché et trouvé un financement auprès d'investisseurs sud-africains. A l'époque, le coût des travaux de soutirage était évalué autour de 110 millions de dollars américains. Mais, apparemment, les bonnes initiatives ne plaisent pas aux soit-disant patriotes qui se trouvent aux affaires dans notre pays. Au lieu d'accompagner la Miba, le gouvernement avait tout simplement torpillé le partenariat, allant jusqu'au limogeage de son PAD de l'époque, l'ingénieur Katende, mis aux arrêts, traduit en justice puis placé en résidence surveillée pendant une année. A Kinshasa comme à Mbuji-Mayi, on se demande jusqu'à ce jour quel fut son tort.
Le revers de la médaille est qu'aujourd'hui, le même projet de soutirage du courant d'Inga à Tshimbulu, qui devrait tôt ou tard être relancé, coûterait au pays plus de 300 millions Usd, c'est-à-dire trois fois plus. Ce poste de conversion de l'énergie électrique, indique-t-on pourrait produire 200 mégawatts. Ce chiffre reste loin des 300 mégawatts mais constituerait une solution transitoire et un début réel à l'implantation des industries lourdes, notamment d'extraction minière, dans les deux Kasaï.
Course contre la montre
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Le temps est compté aux Kasaïens dans la réalisation des cinq chantiers du Chef de l'Etat, dans lequel leur part risque d'être marginale. Une synergie devrait d'ores et déjà être imaginée par les décideurs politiques entre les travaux de réhabilitation du barrage d'Inga, que l'on dit devoir s'étaler sur 17 mois, et le projet (encore en veilleuse) de Tshimbulu. S'il existe une réelle volonté d'industrialiser les deux Kasaï, il serait temps de penser aux travaux d'aménagement des installations de soutirage du courant d'Inga, compte tenu du fait que ce genre d'ouvrage exige aussi un long timing pour leur faisabilité. Si l'on attend que s'achève le processus de réaménagement du barrage d'Inga et de ne se focaliser sur le soutirage que plus tard, les deux provinces sont parties pour une attente qui pourrait dépasser une décennie.
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