Alain Barbé
3 Juillet 2008
Port Louis — La pêche sur les bancs manque de main-d'oeuvre. Mais l'embauche d'étrangers dans ce secteur serait contraignant. Les propriétaires de bateaux de pêche demandent des procédures plus souples. Les bateaux du port de pêche de Trou-Fanfaron n'ont pas le personnel nécessaire.
Le secteur de la pêche sur les bancs est dans une mauvaise passe. Un de ses principaux problèmes est le manque de marins et de pêcheurs. Ah Kin Ip Kwok Sheung, directeur d'IKS Fishing et porte-parole des opérateurs sur les bancs de pêche, révèle que le nombre de pêcheurs est d'environ 260 pour la dizaine de bateaux en opération.
«Chaque bateau a besoin d'un minimum de 60 pêcheurs. La seule solution pour donner une nouvelle vie à ce secteur est de libéraliser l'importation de marins et de pêcheurs. En cette période où nous avons besoin d'assurer la sécurité alimentaire, le secteur de la pêche est aussi important que le secteur agricole», dit-il.
«Tout le monde parle de plantation de pomme de terre et de légumes et on oublie le poisson, ajoute-t-il. Pourtant Il y a suffisamment de poisson dans nos eaux. Ce qui manque, ce sont des opérateurs.» Pour étayer son argument, Ah Kin Ip Kwok Sheung parle des navires cargos qui ont le droit d'employer des marins étrangers. Cette même facilité, à son avis, devrait être accordée aux bateaux de pêche mauriciens.
Poisson importé
«Or, les procédures pour obtenir le renouvellement des permis sont très contraignantes. Il y a des pays de la région qui emploient des étrangers à bord de leurs navires pour des raisons économiques. Pourquoi pas nous ? Il faut donner une bouffée d'air frais à ce secteur», plaide-t-il.
Plus de 200 permis sont accordés à des bateaux européens, japonais, taïwanais, coréens et autres pour opérer dans nos eaux, contre paiement d'un tarif. Une telle situation, dit encore le porte-parole, signifie qu'il y a beaucoup de poisson dans nos eaux. Or, avec les problèmes qui existent dans ce secteur, certains opérateurs envisagent de vendre leurs bateaux, comme IKS Fishing.
«Il est également souhaitable que les autorités exercent un meilleur contrôle sur la qualité de certaines espèces de poisson actuellement importées. Le poisson est aujourd'hui importé de la Chine, du Vietnam et de l'Indonésie, mais il n'y a pas de comparaison avec le poisson provenant de nos bancs. Notre poisson est bien meilleur.»
Il estime qu'il y a d'autres mesures à prendre pour donner un nouvel essor au développement du secteur seafood. Car la situation n'est pas si rose qu'on le croit. Il y a des compagnies opérant dans ce secteur qui ont fermé leurs portes et d'autres ont réduit leurs activités.
«C'est dommage que les autorités continuent à faire la sourde oreille à nos problèmes», souligne Ah Kin Ip Kwok Sheung. Il y a des problèmes à régler relativement aux conditions liées à l'obtention du certificat de navigabilité et aux frais portuaires.
«Les conditions pour obtenir le certificat de navigabilité sont trop rigides. Nous avons aussi les frais portuaires à subir quand les bateaux de pêche sont à Port-Louis pour des réparations. Dans le passé, les opérateurs avaient certaines facilités sur cette question. Ce n'est plus le cas aujourd'hui.
Il est souhaitable que les autorités aident cette industrie à survivre comme cela a été le cas pour le textile», conclut Ah Kin Ip Kwok Sheung.
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