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Sénégal: Pour mieux préparer la prochaine campagne - Les acteurs du secteur horticole font le bilan
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Wal Fadjri (Dakar)
3 Juillet 2008
Publié sur le web le 3 Juillet 2008
Aly Diouf
Les producteurs maraîchers rassurent : Le Sénégal peut assurer son autosuffisance. Ils l'ont fait savoir hier, pendant un atelier où il a été question de bilan portant sur la campagne écoulée et de perspectives pour celle à venir. Seulement, faudrait-il qu'ils aient un accompagnement conséquent.
Les autorités horticoles sénégalaises sont optimistes : les objectifs fixés pour la campagne 2008 - 2009 seront atteints. Les acteurs de la filière se sont réunis hier dans un hôtel de la place pour faire le bilan de la campagne écoulée et jeter les perspectives pour la prochaine.
Selon le directeur de l'Horticulture, Ababacar Gaye Seydi, l'objectif du Sénégal pour la prochaine campagne est d'emblaver 25 000 hectares et de miser sur 500 000 tonnes de produits horticoles. Déjà, confie-t-il, sept groupements et autres associations misent sur 300 mille tonnes. Un satisfecit pour les autorités horticoles, d'autant plus que les panélistes étaient, pendant ce moment, à mi-parcours des évaluations. Les acteurs de la filière horticole ont tous tenu à être présents.
La filière horticole dispose d'atouts considérables qui gagneraient à être mis en valeur. Toutefois, les producteurs ont tenu à faire savoir les difficultés auxquelles ils sont confrontés. Selon le président de l'Association des unions maraîchères de Niayes (Aumn), les obstacles à la filière horticole sont nombreux.
Les sols sont pauvres, les infrastructures de stockage trop petites, les intrants chers et les crédits insuffisants. Mamadou Ndiaye a aussi évoqué le prix de l'eau, la concurrence des produits importés et l'absence de matériels agricoles adéquats. Pour le président de l'Aumn, ce sont les principaux freins qui entravent le développement du maraîchage dans la zone des Niayes.
Pour booster le secteur, l'association propose comme solutions l'amendement des sols, l'application d'un tarif préférentiel aux maraîchers et l'utilisation rationnelle de l'eau - qui est de plus en plus une ressource rare dans les Niayes.
Mamadou Ndiaye a aussi plaidé en faveur de l'implication des organisations paysannes dans les décisions de politique agricole, une subvention beaucoup plus importante des intrants et la distribution des intrants et des équipements. Il a aussi plaidé pour un appui des autorités afin de pouvoir écouler leurs productions, comme cela se fait avec l'oignon.
Les producteurs se sont organisés et certains disposent de quelques magasins de stockage, même s'ils les jugent trop petits pour stocker leurs productions. Ce qui va permettre de ravitailler correctement le marché national. De ce côté, ils implorent le soutien des autorités et font de leur mieux pour s'équiper modestement et être en phase avec le marché horticole.
C'est ainsi qu'ils prévoient de mettre sur pied une banque de données sur la filière, d'élaborer et de mettre en oeuvre un plan de communication, de former et sensibiliser les producteurs sur l'impérieuse nécessité d'avoir une production de qualité. Ils ont aussi exprimé leurs besoins en matière d'appui, de fonds de roulement et de recherches sur les spéculations prioritaires. Ce dernier volet doit incomber, en grande partie, à l'Isra.
Certaines organisations comme l'Association des producteurs d'oignons de la Vallée ont mis l'accent sur la baisse de la production liée 'à beaucoup d'obstacles'. Certes, l'Etat subventionne à hauteur de 50 % les horticulteurs, mais pour ces derniers, le coup devient de plus en plus intenable, malgré les énormes potentialités de la vallée.
Les petits et moyens producteurs risquent d'abandonner le secteur pour la bonne et simple raison que les dépenses engendrées deviennent de plus en plus importantes. Pour la culture d'un hectare d'oignon par exemple, il faut 3,5 kg de semence en raison de 44 000 F Cfa le kilogramme. A cela, s'ajoutent l'emblavage et le binage qui peuvent engloutir au minimum 50 000 F Cfa.
Toujours selon les producteurs d'oignons de la Vallée, il faut compter sur environ 200 litres de gasoil par hectare pour une irrigation correcte. Ce qui sera maintenant plus compliqué à cause de la hausse vertigineuse des prix du pétrole.
Mais, ce ne sont pas les seuls problèmes que rencontrent les producteurs d'oignons de la Vallée. Ils doivent aussi tenir compte des rigueurs climatiques. Ainsi, ils sont tous obligés de cultiver pendant une période précise de l'année.
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Résultats, ils 'bazardent' l'importante production faute de lieu pour le stocker en vue de l'écouler ultérieurement.
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