Nouri Zyad
4 Juillet 2008
Les plaintes au sujet des dépassements du Conseil municipal de Tinghir se multiplient et se ressemblent. Les plaignants n'ont qu'une seule requête : dépêcher une commission d'enquête centrale.
La mobilisation pour cette revendication a été sanctionnée dans le passé par l'envoi d'une commission provinciale (Ouarzazate), mais les composantes de la société civile, ainsi que neuf élus dont deux vice-présidents, estiment que la commission en question était plutôt « tolérante sinon complice».
La preuve est que la décision d'arrêter la construction des murs encerclant les lots vendus par la municipalité (preuve de non confiance) n'a pas été respectée. Le travail a été achevé au vu et au su des autorités locales. Les violations de la loi se résument en quatre, selon des sources au fait du sujet. Il s'agit de violation du code d'urbanisme No 12-90, le code de construction parasismique (R.P.S 2000), la loi de protection de l'environnement No 11.0.3 et enfin la charte communale. Mais, une question revient dans toutes les déclarations : Pourquoi le Conseil se précipite-t-il à vendre tous les lots en sa possession et même ceux qu'il n'a pas le droit de vendre ? Certains estiment qu'il s'agit d'une course contre la montre, puisque le président et ses acolytes entendent tirer profit de la situation avant l'échéance de 2009. Un autre exemple est que les propriétaires des lots inexistants sur le plan d'aménagements (vendus par la municipalité) obtiennent des autorisations municipales en fonction des plans locaux ; contre des prix exorbitants (10.000 dh). Le refus de l'agence urbaine de cautionner cette mascarade doit bien avoir un palliatif dans l'impunité totale.
Le président et ses acolytes ont vendu près d'une centaine de lots dédiés auparavant aux espaces verts ou à des locaux administratifs et services publics et entendent actuellement imposer le fait accompli aux autorités provinciales d'Ouarzazate. Ils ont ainsi déposé des dérogations à l'actuel plan d'aménagement auprès de l'agence d'urbanisme. Les responsables de ce service avaient déjà dénoncé cette situation. « Le lotissement secret », déjà vendu, et proposé aux responsables de l'Agence urbaine est l'un des points noirs contesté par une grande partie des habitants. Des sit-in sont prévus prochainement devant tous les lots et terrains vendus ou concédés dans un cadre confus.
Ainsi, le plan d'aménagement de Tinghir n'est plus respecté, sous prétexte, comme l'avancent, pour des raisons occultes, les élus dans les PV de l'une des sessions du CM, que ce plan d'aménagement est intervenu « très en retard » et qu'il serait même incompatible. Une thèse développée pour légitimer une douzaine de réaffectations d'espaces verts, de services publics à des lotissements dédiés, en apparence, à des projets touristiques. Ainsi est-il pour les zones V2, V3, V15, A30, A19, A39, A20, SC7, PL1 S8A2, V, qui font que tous les espaces verts prévus initialement disparaîtront dans l'avenir et Tinghir sera une ville sans espaces verts. Parmi ces violations, on peut citer la création de 56 lots dédiés auparavant à la construction de services publics et administratifs.
Quant aux transactions contractées par le conseil municipal, les observateurs ne peuvent ne pas remarquer les pratiques de népotisme en la matière. Ils citent trois transactions dont celle de blanchissement de l'ancien Souk et du boulevard Mohammed V, et de réfection du souk Ighrem Aherdane. Le bénéficiaire n'est autre que le frère d'un élu considéré comme le bras droit du président qui a eu le privilège d'avoir une avance sur un projet qu'il n'a même pas encore entamé. L'un des techniciens municipaux a bénéficié également d'une transaction enregistrée sous le numéro 04/2005. La Fédération des associations de développement crie haut et fort que tous les documents relatifs à ces affaires sont disponibles et n'attendent que l'arrivée d'une commission d'enquête impartiale.
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