Abdelouahed Kidiss
4 Juillet 2008
Promis à un bel avenir, le 2ème opérateur télécoms au Maroc, Méditel, continue à susciter l'intérêt des banques de la place. Mercredi 2 juillet 2008, Méditel a signé une convention avec sept banques en vue de lever un crédit moyen terme d'un milliard de DH. Ce crédit servirait, expliquait son directeur général, Mohamed Elmandjra, à financer une partie de son ambitieux programme d'une enveloppe globale de 4,2 milliards de DH sur la période 2008-2010.
Depuis son démarrage en 2000, et sa «success story» aidant, Méditel voit ses ressorts financiers se renforcer et le soutien des banques se consolider. Aujourd'hui, cette grosse opération de financement traduit la confiance des banques de la place, qui semblent se lancer dans une nouvelle compétition pour prêter à livres ouverts. C'est que Méditel présente, en effet, un «bon risque» et un meilleur investissement.
Un triomphe supplémentaire de Méditel qui bénéficie de nos jours d'une assise financière solide. Pour preuve, sur les 4,2 milliards d'investissement programmés pour les trois prochaines années, l'entreprise autofinancera 3,2 milliards de DH, soit 75% du montant global. C'est que Méditel, avec pas moins du tiers du parc de la téléphonie mobile, est devenu véritable machine à cash.
«Cet investissement est un élément capital pour nous assurer une croissance rentable et durable dans un secteur de plus en plus concurrentiel », affirmait M. Elmandjra, lors du point de presse tenu, mercredi au siège de BMCE Bank, en marge de la cérémonie de signature de la convention.
Il est vrai, compte tenu du très faible taux de pénétration des télécoms au Maroc, beaucoup reste à faire en terme de renforcement des infrastructures GSM pour accompagner la forte croissance du parc client et du trafic grandissant dans les segments de la voix, de la data et de l'Internet. En plus de la nécessité de déployer plus rapidement et efficacement la 3G, il y a encore fort à faire pour assurer la couverture des zones blanches particulièrement dans le milieu rural. Et ce que compte faire Méditel pour, à la fois, renforcer sa position compétitive et préserver sa réputation d'étoile filante.
Il faut juste rappeler que depuis le démarrage de ses activités en 2000, après avoir payé un ticket d'entrée de 11 milliards de DH, le prix de la 2ème licence Mobile-dont une bonne partie est allée au Fonds Hassan II pour le développement économique et social, Méditel devait engranger jusqu'ici pas moins de 25 milliards de DH, consentir plus de 20 milliards au titre des investissements et réaliser un bénéfice net de 1,2 milliard de DH.
Prudente au début, la communauté bancaire regarde avec optimisme l'avenir de cet opérateur et n'hésite pas une seconde pour venir à son secours. Les innovations technologiques, RH et financières de l'opérateur étaient géniales, dans le sens où elles ont aidé à provoquer une émulation et une concurrence au grand profit du client.
Méditel, qui n'arrête pas de progresser et de croître, n'a plus aucun problème de financement. Le refinancement de 6,3 milliards de DH était, à la fois, une opération pilote sur le marché financier marocain et une expérience réussie. Avec près de 12.000 points de vente, répartis sur le territoire national, et pas moins de 18.000 emplois indirects, l'entreprise entend capitaliser sur son avantage commercial pourr réussir de nouvelles percées en tant qu'opérateur global sur les différents segments de son secteur d'activités. Même avec le nouveau prêt de 1 milliard de DH, le ratio dette/EBIDTA se situe à 3 contre 10, il y a 8 ans. Un indicateur qui traduit la bonne santé financière de l'entreprise.
Le tout jeune et nouveau executif manager, Mohamed Elmandjra voit l'avenir en rose, plein d'opportunités et bourré de challenges. Il a promis, à ses financiers, de conforter le capital confiance, de tirer le meilleur parti des nouvelles niches et d'évoluer sur la voie de la croissance rentable.
Un tour de table prestigieux
Outre les deux principaux actionnaires, l'espagnol Telefonica et le portugais SGPS SA, Méditel compte dans son tour de table des actionnaires marocains prestigieux : le groupe FinanceCom et Holdco (la filiale CGDG) qui se partage -presque à parts égales- les 36% du capital restant. Le prêt de 1 milliard de DH , réalisé à travers un consortium composé de 7 banques marocaines, sera consenti, à hauteur de 40% par les deux premières banques privées du Maroc, Attijariwafa bank et BMCE Bank.
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